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Publié par glazik-plomeur

Notre-Dame-des-Landes : les anti aéroports mobilisent avant une nouvelle décision de justice

STÉPHANE GUÉRARD pour HUMANITE.FR

20 000 personnes se sont mobilisées ce samedi sur le périphérique de Nantes contre le projet d'aéroport du Grand Ouest.Ceux-ci protestent contre une plainte déposée par Vinci pour obtenir l’expulsion des quatre derniers exploitants présents sur la zone des travaux, dont le jugement en référé aura lieu mercredi prochain.

Avis de bouchon sur le périphérique nantais. Ce samedi, quatre convois de tracteurs, vélos et piétons sont attendus en fin de matinée sur la boucle d’asphalte, avant de converger au pied du pont de Cheviré pour tenir un « grand banquet ». Pour les organisations opposantes au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, cette « démonstration de force » se veut nationale, avec la tenue d’une vingtaine de rassemblements de soutien le même jour, entre autres à Tours, Lille ou Marseille, ainsi qu’à Rennes dimanche. Elle est espérée aussi non violente, avec un service d’ordre renforcé pour éviter les débordements qui avait gâché la dernière grande mobilisation de février 2014, qui avait réuni près de 50000 personnes.

Coup de massue

Cette mobilisation était initialement prévue le week-end du 16 et 17 janvier, afin de remettre la pression sur l’Etat et AGO (Aéroport du Grand ouest), filiale de Vinci chargée de la construction du projet d’équipement. Elle a été avancée en urgence d’une semaine afin d’alerter sur la nouvelle procédure engagée par AGO, qui sera jugé en référé mercredi 13 prochain. Cette plainte avait été déposée une première fois le 10 décembre dernier, devant le tribunal de Nantes. Elle visait à obtenir l’expulsion immédiate, sous peine d’astreinte financière prohibitive et de saisie de leurs cheptels, matériels et bâtiment, des quatre exploitants, ainsi que des onze familles, encore présents sur le site. La proximité du second tour des élections régionales ainsi que la fin de la COP 21 avait poussé le requérant à surseoir son action en justice. Le 30 décembre, AGO-Vinci a déposée à nouveau sa plainte en référé. Pour les opposants au projet d’aéroport, celle-ci s’apparente à « un coup de massue. Nous nous attendions à ce qu’ils attaquent la zone à défendre, mais pas les exploitants historiques, d’autant que François Hollande avait promis que l’Etat attendrait la fin des procédures à l’encontre de la ZAD, avant d’autoriser les actions pour expulser ces agriculteurs qui ont choisi de résister aux procédures d’expropriation, explique Julien Durand, del’ACIPA. On a été obligé d’accélérer la mobilisation. Mais j’ai l’impression que cette mauvaise surprise a produit l’effet inverse et que les gens sont encore plus déterminés. On attend vraiment beaucoup de monde ce samedi. »

Notre-Dame-des-Landes : les anti aéroports mobilisent avant une nouvelle décision de justice

Valls enfonce le clou

Pour AGO-Vinci, il s’agit de la suite logique des dernières procédures de juillet 2015, validant les arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux et ce malgré l’appel de la décision des opposants à l’aéroport Grand-Ouest. Dans la foulée, Manuel Valls avait annoncé la prochaine reprise des travaux, que la préfecture de Loire-Atlantique envisageait, cet octobre dernier, débuter « à partir de 2016 ». Début novembre, le premier ministre a enfoncé le clou en affirmant que le projet était « important pour l’économie du Grand-Ouest et que « la France est un Etat de droit, les décisions de justice doivent être respectées et mises en œuvre. Il est inacceptable et inimaginable qu'une minorité d'individus ultraviolents puissent empêcher l'application des décisions de justice et aller contre l'intérêt général. »

Projet inutile

Après les récentes déclarations du nouveau président de région Val de Loire, Bruno Retailleau (Les Républicains), appelant l’Etat à prendre toutes les mesures pour le début des travaux, la décision de justice attendue mercredi prochain, a fini de tendre la situation. « Cette plainte d’AGO-Vinci est d’autant plus incohérente qu’elle demande l’expulsion des quatre exploitants, alors qu’en même temps, la société vient de conclure le nouvel accord annuel avec plusieurs agriculteurs pour l’utilisation et la mise en culture des terres concernées par les travaux, souligne Vincent Delabouglise, membre de COPAIN 44 (collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport, ndlr). Nous, nous ne sommes pas contre laisser des terres lorsqu’il s’agit d’aménager une route, une école. Mais les études alternatives montrent que ce projet d’aéroport est inutile et que les études d’impact ont été mal faites puisqu’on vient de découvrir cinq nouvelles espèces sur le site. On demande la remise en cause de la reconnaissance d’utilité publique de 2008 et de nouvelles enquêtes de terrain. »

Quelle urgence ?

Dominique Deniau, de la Confédération paysanne 44, appelle lui à François Hollande à « respecter sa parole donnée en 2012 de ne pas s’en prendre aux exploitants tant que toutes les autres procédures et leurs appels n’ont pas été jugés. Et quelle urgence y a-t-il à réaliser cet aéroport dans une région où nous perdons l’équivalent d’une commune rurale par an, du fait du développement économique et de la pression des nouveaux arrivants, et que l’agriculture disparaît peu à peu des campagnes ? »

Notre-Dame-des-Landes : les anti aéroports mobilisent avant une nouvelle décision de justice

Les promesses de Hollande

Malgré le fait que le ministère de l’Ecologie soit compétent sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes ou que Manuel Valls monte régulièrement en première ligne pour assumer le projet d’aéroport, c’est bien François Hollande qui les anti comme les pros aéroports mettent au cœur de leurs revendication. A l’image d’Alain Mustière, de l’association des Ailes pour l’Ouest, qui, dans un communiqué paru jeudi, en appelle à une décision rapide du président pour débuter les travaux. « Après 154 décisions de justice favorables au projet, le soutien de 3 Présidents de la République, 6 premiers ministres, 2 régions, 4 agglomérations et la commission européenne qui a définitivement validé le projet sur un plan environnemental le 28 mars 2014, il est grand temps que le chantier débute », fulmine t-il. En face, Benoit Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement, rappelle François Hollande à ses promesses. « Il avait dit que rien ne se passerait tant que tous les recours n’auraient pas été examinés. Qu’il tienne parole. »

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