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Publié par Torreben

Loi « Macron 2 » : l’ultralibéralisme à fond la caisse

L’examen de la loi «Noé» est « retardé», mais elle sera discutée ce mois-ci. On parle désormais d’une fusion entre la loi Macron 2 et la réforme du droit social ...

Ils partent du constat que les nouvelles technologies et le numérique transforment en profondeur l’économie et qu’il est indispensable «d’anticiper ces mutations » pour en faire des « opportunités ».

Ils sont à l’affut : les économistes libéraux, et tout ce petit monde qui grenouille dans les antichambres ministérielles et les salons du pouvoir hollandais, voient l’économie numérique comme l’outil parfait pour déréguler l’économie française. Et ils disposent d’un puissant relais au sein du gouvernement : le ministre MACRON qui va imposer en ce début d’année sa loi « Macron 2 » baptisée pour la circonstance « NOE » pour « Nouvelles opportunités économiques » dont on pressent, sans en avoir encore distingué tous les contours, qu’elle va dynamiter l’économie française avec des conséquences sociétales et sociales désastreuses.

En jargon technocratique, le principe est d’« ouvrir la porte aux projets de dérégulation de l'économie «numérique» ou «collaborative», afin d'adapter la France à l'ubérisation. » Les taxis parisiens auront vite compris ce que cela signifie, tout comme certaines professions (coiffeurs, plombiers, électriciens), des métiers qui ne nécessiteront plus de diplômes pour s’installer, s’agissant de « libéraliser », c’est à dire de « renverser les barrières érigées par les corporations ».

Les artisans s’inquiètent. Dans le Finistère, Michel Guéguen, président de la chambre de métiers, a commencé son lobbying en invitant les parlementaires du département qui auront à voter la loi. La rencontre s'est déroulée à huis clos ( !) – en toute transparence – ce début de semaine à Quimper (journal Ouest-France).

On pourrait désormais être chauffeur « Uber » la nuit, moniteur d’auto-école le jour (Ornikar), bricoleur à la demande (Youpijob), dans l’immobilier ou rabatteur d’emploi (Le Bon Coin), hôtelier (Airbnb) loueur de voiture (Drivy) etc... Les plates-formes numériques permettraient à chacun de travailler pour qui il veut, de multiplier les sources de revenus plus précaires et partielles les unes que les autres. La « multi-activité » serait ainsi la solution-miracle pour améliorer le revenu, un remède au chômage en apportant aux travailleurs, demandeurs d’emploi ou retraités des « compléments de ressources » : il suffirait à chacun en quelque sorte d’être débrouillard ! La loi de la jungle, sans code du travail, un rêve libéral...

La perspective dresse ainsi un tableau particulièrement effrayant du « monde numérisé » avec la disparition d’un certain nombre de professions, comme l’écrivent tranquillement les tenants de l’économie numérique : « Les métiers routiniers qui correspondent à l'essentiel des professions intermédiaires dans la distribution des revenus se raréfient du fait de l'automatisation. Ces emplois (ouvriers, employés de bureau, etc.) sont exercés par un segment particulièrement nombreux et emblématique : les travailleurs des classes moyennes, pour la plupart salariés - ceux-là mêmes qui sont au cœur de notre modèle social et dominent notre représentation du monde du travail. »

Et ils ajoutent que « l'automatisation commence à concerner des professions plus qualifiées qui, tels les avocats ou les médecins, qui sont fondées sur la maîtrise de grandes bases de connaissances ».

La révolution numérique promet dans un premier temps de ravager l’emploi. Selon une étude publiée en 2013, 47 % des emplois sont menacés par la numérisation, essentiellement des professions intermédiaires (comptables, vendeurs, secrétaires, pilotes, personnels médicaux…) dont les tâches routinières ou répondant à des protocoles précis peuvent être informatisées.

On avance que le potentiel de création massive d'emplois dans l'économie numérique pour des travailleurs peu qualifiés existe, mais à certaines conditions drastiques : «Il faut pouvoir contourner la barrière que constituent le Smic et les cotisations sociales ».

Le cœur de la société contemporaine est donc attaqué économiquement et déstabilisé avec la généralisation promise de la loi de la jungle de « l’ubérisation ».

La loi Macron2 va s’attacher à définir un statut du « travailleur post-salarié » ou du « travailleur collaboratif », prestataire dans l'entreprise, inséré dans le procès de production, débarrassé du code du travail, débarrassé des contraintes du Smic et des cotisations sociales, qui aura pour objectif final de gommer les différences entre le travail salarié (24 millions de travailleurs) et le travail indépendant en hausse rapide (2,8 millions).

Socialiste ? Socialiste ? vous avez dit « socialiste » ? comme c’est bizarre !

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