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Publié par Torreben

Emploi, chômage : l’esbroufe des patrons !
Vol à l’esbroufe : vol qui se fait en bousculant et en étourdissant les gens que l’on veut dépouiller.

Gattaz, le « patron des patrons » n’avait paraît-il « jamais promis » de créer un million d'emplois dans le cadre du pacte de responsabilité. Pourtant chacun se souvient du badge qu’il affichait fièrement au revers de sa veste, « Un million d’emplois » ; en lettres bleues sur fond jaune.

C’était donc du pipeau, un mensonge (de plus) ou de la pure démagogie puisqu’il expliquait début 2014 « qu’aucune obligation chiffrée » ne figurait dans le pacte de responsabilité... « L’ambition que nous vous proposons, c’est de créer un million d’emplois en cinq ans », écrivait-il pourtant aux adhérents du Medef, un million d’emplois créés dans les entreprises... si le gouvernement levait les freins à l’embauche... si les syndicats étaient conciliants et « réalistes ». En somme, le Medef voudrait bien... mais les « autres » l’en empêchent : les baisses de charges pour les entreprises ne sont pas suffisantes et « les patrons ne peuvent pas embaucher ». Il réclamait alors 100 milliards de baisse de charges – une paille – lesquelles, il faut le rappeler, sont tout d’abord du salaire indirect c’est à dire la quote-part des cotisations sociales des patrons (cotisations maladies, accidents du travail, familiales, vieillesse, maladie, chômage, formation...).

Pipeau, mensonge, cynisme, bras d’honneur... sauf que le pacte de responsabilité, destiné à aider les entreprises à restaurer leurs marges et à embaucher, va coûter à l'État neuf milliards de plus en 2016, pour s'établir à 33 milliards d'euros et ce pactole n’est pas virtuel comme le million d’emplois.

Les allégements incluent le crédit d'impôt compétitivité-emploi, qui représentera 18,5 milliards. Ils comprennent également des baisses de charges pour 13,5 milliards, ainsi qu'un milliard destiné à favoriser l'emploi dans les petites entreprises. En 2017, le gouvernement prévoit de porter le pacte à 41 milliards.

Au bout du compte, quel bilan, combien d’emplois ont-ils été créés en contrepartie de cette montagne d’exonérations diverses ? La courbe du chômage peut nous renseigner, hélas.

Hollande a beau faire de sa lutte contre le chômage, une priorité du gouvernement – priorité réitérée chaque année – la courbe ne s’inverse toujours pas, preuve s’il en est que les politiques mises en œuvre ne fonctionnent pas.

Par l’odeur des subsides alléchés, pour la nième fois, le patronat en remet une couche, en demandant aujourd’hui une « loi d'urgence pour relancer l'économie » s’engageant à « faciliter l’embauche d’apprentis, de chômeurs de longue durée et à faciliter l’essor d’activités indépendantes ». Il réclame « un contrat de travail agile [sic], prévoyant un plafonnement des indemnités prud'homales liées à l'ancienneté du salarié et des motifs de rupture en lien avec la situation de l'entreprise ou la réalisation d'un projet », il réclame « une exonération totale de cotisations sociales et patronales durant deux ans pour toute nouvelle embauche dans les petites entreprises », il réclame « une exonération totale de charges sociales » pour faciliter le l'apprentissage et les contrats professionnels, il réclame, il réclame...

Finalement, les patrons auraient tort de se gêner. Avec un cynisme consommé, ils savent bien que le gouvernement accèdera à leurs demandes... sans contrepartie, pour les mêmes constats d’échec. L’argent de l’impôt paiera les charges qui leur incombent, on finira peut être par leur payer des usines clefs en main sur les fonds publics, ils disposeront d’une main d’œuvre sans contrat ni garanties, taillable et corvéable à merci... quant aux profits on sait où ils vont et où ils iront.

Un rêve d’ancien régime qu’il faudra bien troubler un jour.

ALRX

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