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Publié par glazik-plomeur

Danger... L'édito de l'Huma

L'éditorial de Maurice Ulrich : "L’escalade de ces derniers jours met la paix en péril et compromet gravement la lutte en cours contre Daech, supposant sinon une union, du moins une forme de coopération entre toutes les puissances de la région. Il faut en finir avec les ronds de jambe devant la monarchie saoudienne et la communauté internationale, avec l’ONU, serait bien inspirée d’appeler d’urgence à une rencontre entre les parties."

La rupture des relations diplomatiques entre l’Iran et l’Arabie saoudite après l’incendie à Téhéran de l’ambassade saoudienne peut-elle conduire à la guerre et à l’embrasement dans toute cette région du monde ? On peut le craindre, tant s’y confondent et s’y superposent les conflits religieux – dont celui, central, entre sunnites et chiites –, les rivalités de puissance, le contrôle des ressources pétrolières sur fond de baisse des cours, entre autres. Choyée longtemps par l’Occident, dont la France avec 18 visites officielles dans les dernières années, l’Arabie saoudite se voit aujourd’hui en rivalité avec l’Iran depuis l’accord intervenu sur le nucléaire et la reprise des relations diplomatiques avec les grandes puissances qui a suivi. L’Iran apparaît désormais comme un partenaire de l’Occident aussi bien que de la Russie, avec une population jeune et dynamique et un président modéré, Hassan Rohani, contrastant ainsi avec une monarchie saoudienne bien décidée à défendre ses intérêts.

L’exécution, la semaine passée, de 47 personnes ne doit pas susciter seulement de la réprobation dans la communauté internationale et à l’ONU – où, c’est tout de même un comble, l’Arabie saoudite est à la tête du Conseil des droits de l’homme, alors même qu’elle est un des pays où l’on exécute le plus. S’il s’agit, pour une part, d’une démonstration de force du pouvoir face au djihadisme sunnite d’extrémistes d’al-Qaida, l’exécution du chef chiite Al Nimr dans la même journée est une provocation qui a soulevé des foules, non seulement en Iran, mais en Irak, à Bahreïn, au Pakistan, au Yémen où la monarchie saoudite est déjà intervenue contre une rébellion, il y a quelques mois.

L’escalade de ces derniers jours met la paix en péril et compromet gravement la lutte en cours contre Daech, supposant sinon une union, du moins une forme de coopération entre toutes les puissances de la région. Il faut en finir avec les ronds de jambe devant la monarchie saoudienne et la communauté internationale, avec l’ONU, serait bien inspirée d’appeler d’urgence à une rencontre entre les parties.

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