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Publié par glazik-plomeur

CMB ARKEA : NE PAS SE TROMPER DE COMBAT !

Un communiqué de la Fédération du Finistère du Parti Communiste Français


La direction du Crédit Mutuel de Bretagne ARKEA en conflit ouvert avec la Confédération Nationale du Crédit Mutuel organise dimanche 24 janvier à Brest une manifestation pour nous dit on, défendre l'emploi et l'autonomie de la structure. Cette initiative qui doit rassembler des salariés de la banque, des administrateurs sociétaires, des élus et des chefs d'entreprise participe de l'agitation organisée par la direction de l'organisme depuis de long mois.


Le CMB ARKEA est engagé dans un bras de fer avec la Confédération dans lequel les enjeux de pouvoir et la lutte des égos tiennent toute leur place et où les responsabilités sont largement partagées.

L'attitude de la Confédération Nationale de Crédit Mutuel est à l'évidence une des causes de l’affrontement. Dirigée par les mêmes équipes que le CM11-CIC, elle est loin d’être impartiale et le risque de conflits d'intérêts notamment dans les missions de contrôle interne est bien réel. De même la rationalisation des procédures et des systèmes d'information est lourdes de menace en terme d'emploi et d'indépendance des structures.


Cependant la direction du CMB ARKEA a fait le choix de la rupture sans même tenter de négocier de nouveaux statuts. A-t-elle réellement mesuré les risques alors que comme tous les organismes bancaires, le Crédit Mutuel dans son ensemble doit se plier aux critères de « bonne gestion » imposé par la Commission Européenne.


Les conséquences de cette rupture ont elles été objectivement évaluées à l'aune des nouveaux critères de gestion imposés : coût de refinancement, ratios risques, ratios prudentiels appréciation des agences de notation, par exemple. Sans même évoquer la solidarité obligatoire inter-caisse dont le nouveau groupe hors réseau ne pourrait plus bénéficier.


Dans ces conditions, qui peut assurer que la stratégie de scission à marche forcée, dissimulée sous les éléments de langage officiel « d'autonomie » n'accroisse les risques pour les salariés et pour l'avenir du groupe ?

Remarquons que, malgré plusieurs décennies de relations tendues, la Confédération Nationale des Caisses de Crédits Mutuel n’a jamais empêché le CMB d’affirmer son identité régionale, ni le groupe d’investir et de s’agrandir.


Le bilan de la direction, qui se veut aujourd’hui chantre de la protection de l’emploi régional, demande à être examiné de près. Déménagements divers et souvent coûteux, externalisations multiples ont pesé lourd en terme d'emplois et seule la grève conduite par l'intersyndicale en juin 2015 a permis d'arrêter l'hémorragie.

Comme à Quimper en novembre 2013, cette journée qui à n'en pas douter est marquée par le mélange des genres est porteuse de confusion et de graves désillusions.


Charité bien ordonnée commençant par soit même la direction qui entonne le refrain de « tous dans la même galère » a pris soin de se mettre à l'abri en créant la Société des Cadres Dirigeants distincte des autres salariés du groupe! Bel exemple de solidarité et de confiance mutuelle.


Il y a dans l'attitude des dirigeants du CMB un certaine dose d'outrecuidance dès lors qu'ils imaginent gagner sur tous les tableaux et faire cavalier seul,tout en conservant l'image de la marque. Cette politique de gribouille ouvre des horizons bien incertains.


Le CMB ARKEA est un des acteurs majeurs de l'économie bretonne.La bonne santé financière du groupe est le fruit de la qualité du travail, de la compétence et de l'engagement continu des salariés

3ème employeur régional, il s’appuie sur le maillage territorial serré de ses 226 caisses locales et de ses 2935 sociétaires administrateurs, sur son influence dans les cercles dirigeants régionaux publics ou privés.

Son assise locale est puissante et son influence, voire sa présence dans de nombreuses instances consulaires, paritaires ou professionnelles est certainement un gage d'efficacité, parfois hors de tout contrôle démocratique.

Son intervention est déterminante dans le financement et le portage de nombreux projets régionaux et il serait incompréhensible de laisser cet outil structurant partir à vau -l'eau .

La puissance publique et notamment le ministère de tutelle doivent se saisir intelligemment du dossier.

Les questions posées ne peuvent se régler avec une tournée générale de pâté Hénaff et le port obligatoire du bonnet tricoté par la direction de l'entreprise. Nul n'a à choisir entre les hommes aux salaires mirobolants que sont Jean Pierre Denis ou Michel Lucas.


La décision du tribunal de grande instance de Paris annulant de fait l'assemblée générale de la CNCM du 14 octobre,pourrait permettre la reprise du dialogue entre les protagonistes.


Il faut que la puissance publique :


  • exige et obtienne la reprise des discussions entre les Fédérations, y compris pour la modification des statuts, les nouvelles règles de gouvernance, l'autonomie des Fédérations, l'indépendance et la pérennité des métiers supports
  • exige du CMB ARKEA le retour à sa vocation première de banque mutualiste en redonnant toute leur place aux administrateurs sociétaires
  • appuie la création d'un pôle de financement public sous le contrôle de la Région et de l’État et la création d'un pôle public bancaire national


Brest le 22 janvier 2016


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