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Publié par glazik-plomeur

Le Front de gauche en campagne pour une Bretagne écologique et solidaire

AVEC 3,27 MILLIONS D'HABITANTS, LA BRETAGNE EST LA 9E RÉGION FRANÇAISE, ELLE EST AU 4E RANG EN TERMES DE RICHESSE AVEC 26 630 EUROS PAR HABITANT.

Alors que s'ouvre la COP21, la tête de liste du Front de gauche en Bretagne, Xavier Compain, s'attache durant sa campagne à défendre une région « sociale et écologique ».

À la tête d'une liste « sociale et écologique », Xavier Compain avoue avec humour ne pas toujours avoir « un bon bilan carbone avec tous les pneus et palettes brûlés ». Allusion aux luttes auxquelles il participe de longue date. Mais c'est bien à une Bretagne écologique et solidaire qu'appelle la tête de liste pour le Front de gauche, déclinée en cinq axes allant de l'emploi à la culture et la formation en passant par l'aménagement équilibré du territoire, « sans hiérarchie entre eux », insiste-t-il.

Un modèle économique à bout de souffle

Dans cet étrange redémarrage de la campagne, à la suite des attentats de Paris et Saint-Denis, rien n'abolit la démocratie, pourtant. Si Jean-Yves Le Drian, candidat du Parti socialiste, s'est résolu à une campagne minimale, accaparé à Paris par le ministère de la Défense, sur le terrain les onze listes en course ont repris le travail de conviction, une fois passé l'hommage national aux victimes.

En campagne dans les Côtes-d'Armor, un territoire mêlant agriculture, industrie de pointe des télécoms ou tourisme, Xavier Compain entend, lui, incarner « le cœur de la gauche », avec un programme conçu au sein d'une « fabrique coopérative » à Rennes début novembre. Venu à Lannion pour une rencontre-débat, le candidat décline le même mode collaboratif : « il n'y en a pas un qui sait et les autres qui écoutent », prévient-il. Ce soir-là, chacun s'est évertué à interroger toutes les facettes d'un modèle économique à bout de souffle. Dans ce cœur historique de l'industrie des télécoms, « Pourquoi Alcatel et Orange, qui se font face ici, n'envisagent pas de R&D (recherche et développement) croisées, pour construire des technologies de rupture vers une transition énergétique ? » demande un participant. Bonne question en effet, qui ouvre tout un champ de réflexion, sur ce que doit être la nature même d'une entreprise.

Imposer un approvisionnement local à l'agroalimentaire

À l'heure de la COP21, un syndicaliste de Météo France, Benoît, relève lui que l'éolien offshore, désormais plus en concurrence avec les territoires de pêche, a été « pris en main par les industriels ». Du coup, « les emplois que la région avait fait miroiter à Brest, pour construire ici les éoliennes et non à l’étranger, se sont envolés». La région ne produit pourtant que 13 % de l’électricité consommée. Xavier Compain rebondit sur l’idée : « Oui, l’endroit où sont faites les choses, ça compte. La région, à l’avenir, doit par exemple faire obligation aux filières de l’agroalimentaire de l’approvisionnement sur place. » Des importations de porc abusives n’empêchent pas aujourd’hui la labellisation bretonne du produit transformé… Le candidat poursuit : la Bretagne d’accord, mais elle n’est pas seule au monde (allusion à la liste flattant le sentiment breton menée par le patron « bonnet rouge » Christian Troadec) ; « si on veut rebâtir la construction navale à Brest, il faut de l’acier. Qui mieux que les régions, dans une vision coopérative et non plus de mise en concurrence, peuvent concevoir une grande ligne de fret transeuropéenne ? C’est une proposition que plusieurs listes Front de gauche portent, parce qu’il nous faut, comme on dit chez moi :regarder par-dessus le talus », assure l’agriculteur Compain. « Les cheminots avec qui on a travaillé – il y en a d’ailleurs sur nos listes –, poursuit-il, nous expliquent ainsi qu’il manque 30 kilomètres de voies seulement vers Rochefort, pour établir une ligne de fret, plus écologique que la route, et pouvoir faire Brest-Bordeaux-Toulouse. Mais vous savez combien il reste de cheminots dédiés au fret en Bretagne ? Dix. Parce que c’est un choix de la SNCF. » Choix sur lequel, là encore, les futurs élus Front de gauche entendent interroger la région.

« C'est pourquoi, explique-t-il, nous n'avons pas voulu au premier tour faire alliance en quelque sorte avec la politique gouvernementale. » Pour le second tour, « on fera comme au premier, nous demanderons à tous nos partenaires dans cette campagne, Ensemble, le Parti de gauche, le PCF, République et socialisme, Citoyens engagés, ce qu'ils en pensent. Certains ont déjà dit non à la fusion avec la liste du PS, d'autres ne mettent pas de préalable. Je dis aujourd'hui que plus on sera haut, plus ce sera facile ». Il regrette que les écologistes bretons, tout en concédant qu'il n'y avait pas beaucoup de divergences sur le programme, nucléaire excepté, « nous ont juste dit que ce n'était pas le moment, comme si les considérations nationales avaient pris le dessus ». Sur cette question-là aussi, pour beaucoup, le modèle ancien a vécu.

Lionel VENTURINI Lannion (Côtes-d'Armor), envoyé spécial.

Source : http://www.humanite.fr/ 30 novembre 2015

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