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Publié par glazik-plomeur

La chronique philo de Cynthia Fleury. (http://www.humanite.fr/ )

Star Wars, épisode VII. Des milliards de dollars en recettes de film et produits dérivés. Des millions de tweets générés. Une courbe des actions Disney, à la Bourse, qui grimpe. Des fanatiques, par millions, saisis par le réveil de la Force. Des controverses, par milliers, s’interrogeant sur l’ordre à définir pour le visionnage des épisodes.

Et au milieu du tourbillon, un autre ovni, le nouvel opus d’Ollivier Pourriol, consacré à la parole du Jedi : Ainsi parlait Yoda. Philosophie intergalactique.

Star Wars, épisode VII. Des milliards de dollars en recettes de film et produits dérivés. Des millions de tweets générés. Une courbe des actions Disney, à la Bourse, qui grimpe. Des fanatiques, par millions, saisis par le réveil de la Force. Des controverses, par milliers, s’interrogeant sur l’ordre à définir pour le visionnage des épisodes. Et au milieu du tourbillon, un autre ovni, le nouvel opus d’Ollivier Pourriol, consacré à la parole du Jedi : Ainsi parlait Yoda. Philosophie intergalactique (Michel Lafon, 2015).

Yoda a disparu, exactement comme l’avait fait Obi-Wan. Et Luke Skywalker a trouvé dans la doublure du manteau abandonné par son maître des feuillets concernant un « Traité de la réforme de la Force ». Avant le passage de la fin de l’année, un peu de philosophie du Jedi, de cette conscience du bien et du mal si difficile à tracer : comment liberté du sujet et Force s’articulent-elles et se séparent-elles ? Comment Chewbacca n’est-il pas la bête qu’il prétend être ? Comment les passions tristes (l’envie, la dérision, le mépris, la haine, la vengeance) menacent-elles l’édification de l’éthique ? Que devons-nous aux Jedi ? Beaucoup de choses, répond Pourriol, « bonnes et mauvaises, et surtout ceci, qui appartient au meilleur et au pire : le grand style dans la morale, l’horreur et la majesté d’exigences infinies, de significations infinies, tout le romantisme sublime des problèmes moraux – et par conséquent ce qu’il y a de plus séduisant, de plus captieux et de plus exquis dans ces jeux de couleurs et ces incitations à vivre, dont les dernières lueurs embrasent aujourd’hui encore le ciel de notre civilisation, peut-être dans un dernier couchant. Nous qui assistons en artistes et en philosophes à ce spectacle, nous en sommes reconnaissants aux Jedi ».

Star Wars ou comment l’humain se dépêtre comme il peut, face à ses idéaux, son manque de grandeur, ses origines contrariées, son incapacité à aimer ou à respecter ce qui n’est pas lui… Comment les robots et les animaux sont finalement plus humanisés que leur congénère humain… Dark Bane, maître sith, donne une définition du courage, très explicite : « les jeunes doivent s’efforcer d’exercer leur détermination et leur courage. Cela ne peut se faire que si le courage est enraciné dans le cœur. Quand le sabre est perdu, il faut attaquer avec ses mains. Quand les mains sont amputées, il fait se servir de ses épaules. Quand les épaules sont coupées, il faut mordre le cou de dix, voire quinze ennemis ».

Si Star Wars a tant séduit, c’est sans doute parce qu’il manie cet imaginaire de la radicalité, de la sublimation de la pulsion mortifère. Chacun se sent traversé par la dimension obscure de la Force. Chacun connaît les dérives de l’absence de maîtrise. Chacun espère et cherche son Yoda. Quelle tristesse ce manque dans le monde de Jedi… Autre gageure de Star Wars, celle de nous réconcilier avec les sages et les robots : « N’encombrons pas notre mémoire d’un fardeau qui n’est plus. » Ce n’est pas Yoda qui parle mais C-3PO

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