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Publié par glazik-plomeur

Extension de la déchéance de nationalité et révision constitutionnelle : où donc est le danger ? (Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF)

L'extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France, annoncée par François Hollande devant le Parlement réuni en Congrès le 16 novembre, trois jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis, a provoqué au cours des dernières semaines de très nombreuses réactions.

La raison et les valeurs républicaines semblaient l'avoir emporté. Il n'en est rien. Jamais une telle mesure n'avait été assumée par les plus hautes autorités de l'Etat. Présentée par Manuel Valls comme une décision à « caractère hautement symbolique », elle serait en effet une honte et un reniement pour notre République. Aujourd'hui, pour ce pouvoir, l'extension de la déchéance de nationalité est proposée « au nom de l'égalité » alors qu'elle aurait pour conséquence de créer deux catégories de Français.

D'aucune efficacité contre le terrorisme, la déchéance de nationalité est apparue au cours des dernières semaines comme une nouvelle légitimation de l'extrême-droite puisque cette mesure est directement tirée du programme du FN.

Où est donc le danger ?

Dans un climat de peur, de haine et de stigmatisation, avec l'utilisation qui peut en être fait, plaçant le FN au cœur du paysage politique et idéologique. En quoi la déchéance de nationalité désarmera des terroristes dont l'objectif est de semer la mort en y perdant la vie ? En quoi, pour reprendre l'expression du Premier ministre, aura-t-elle la moindre « efficacité pour protéger nos concitoyens » ?

Concernant l'état d'urgence, la réforme constitutionnelle présentée fait courir le risque d'un régime d'exception permanent et d'une aggravation des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines ciblant des personnes sans aucun lien à des risque d'attentats. Elle est une mauvaise réponse aux terroristes alors qu'il est parfaitement possible, en y consacrant les moyens humains nécessaires pour la police et la justice, d'assurer la sécurité dans le respect de notre Etat de droit.

Où donc est le danger ? Quand notre République doute de ses valeurs, de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité, elle fait le jeu des terroristes car il s'agit là de leur objectif premier.

Nous ne voulons pas de cette société.

Les prochaines semaines, le débat dans le pays et au Parlement devra défendre l'essentiel, ce qui était attaqué par Daesh : la République, notre démocratie et nos libertés.

Olivier Dartigolles, porte parole du PCF,

Paris, le 24 décembre 2015.

Extension de la déchéance de nationalité et révision constitutionnelle : où donc est le danger ? (Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF)

Réaction...

Pour Jean-Pierre Bosino Sénateur Front de Gauche:

« L'inacceptable mise en cause de la séparation des pouvoirs »


Comme son nom l’indique, l’état d’urgence ne peut pas être permanent. Or c’est justement le risque avec sa constitutionnalisation. Nos concitoyens ont besoin de se sentir protégés, il n’y a aucun doute. Mais il y a eu plus de 3 000 perquisitions administratives pour un résultat, somme toute, limité, pour ne pas dire quasi nul. Ce sont des moyens d’investigation accrue pour les services de police et de renseignement qui sont nécessaires pour lutter contre le terrorisme.

La constitutionnalisation de l’état d’urgence aurait de graves répercussions. Celui-ci met de côté le pouvoir judiciaire, ce qui pose un vrai problème quant à la séparation des pouvoirs. Car la justice administrative relève du politique. C’est donc le politique qui décide qui doit être perquisitionné, qui doit être assigné à résidence, sans que le juge judiciaire ne puisse s’en mêler. C’est inacceptable pour un pays démocratique. L’inscription dans la Constitution de telles mesures les rend permanentes avec tous les risques de dérives possibles. La déchéance de nationalité, même si un recul se confirme sur cette question, est un exemple significatif, voire caricatural : l’objectif est de répondre à la pression, en particulier, du Front national, en dépit de toute efficacité. Comme si menacer de déchoir de leur nationalité des individus prêts à se faire exploser allait les en dissuader.

En revanche, dans un contexte d’état d’urgence permanent, les libertés politiques et syndicales peuvent être remises en cause sur simple décision administrative. Parce qu’il y a deux chemises arrachées, des syndicalistes ou manifestants peuvent être traités en terroristes. Or la prolongation de trois mois de l’état d’urgence comme l’entreprise de constitutionnalisation démontrent la volonté d’avoir recours à ces mesures de façon permanente. En prenant ce chemin, le gouvernement aura toutes les peines à sortir de ce dispositif d’exception. Sans compter que demain une autre force politique peut arriver au pouvoir et utiliser ces mesures de la façon la plus répressive qui soit.

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Le pédagogue 30/12/2015 16:21

Le pédagogue :


En matière de violation des droits de l’être humain, le parti socialiste n’a de leçon à recevoir de personne.
Les colonisés, les indigènes, et autres le savent.
Certains zé certaines savent aussi que c’est un parti qui a mis en place une Haute autorité des tics.
Parfaitement, d’é-thique.
Des adhérents du parti viennent d’ailleurs de la saisir au sujet de la décision du « boss », dit François Hollande, remplaçant de son alter ego dit Nicolas Sarkozy, concernant la déchéance de nationalité.
Le con-texte ne s’y prête pas, mais la Haute autorité des tics veille, en père manence, sur les valeurs de gôôôche.
- Fou zit assis milii fou ? Vous êtes assimilé ?
- Ji souwii Moslim. Je suis musulman.
- Tire ou riste alour. Terroriste alors.