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Publié par glazik-plomeur

À l’approche du scrutin des élections régionales ...En quoi le FN représente-t-il une régression sociale et démocratique ?


Par Christian Picquet, membre du conseil exécutif national du PCF, Alexis Corbière, secrétaire national du PG et Marc Delepouve, universitaire, syndicaliste.

  • L’imposture d’un fascisme de nouvelle génération

    par Christian Picquet, membre du conseil exécutif national du PCF

À en croire les sondeurs, le Front national risque fort d’être le premier bénéficiaire du terrorisme abominable qui vient d’endeuiller notre pays. C’est, à dire vrai, la spécificité de l’extrême droite que de surfer sans vergogne sur la peur et de savoir valoriser ses solutions d’exception lorsque, du camp progressiste, ne se font pas entendre de réponses suffisamment audibles en lesquelles les citoyens pourraient entrevoir un horizon d’espoir. Mais c’est également le propre du fascisme, tradition à laquelle se rattache indubitablement le parti de madame Le Pen par son histoire et son comportement, que de s’avérer une imposture sur les terrains mêmes où il s’efforce d’asseoir sa crédibilité. Ainsi, le FN se veut-il le protecteur des Français face aux monstrueux désordres qu’engendre la mondialisation marchande et financière. Sauf que, loin de vouloir rassembler un peuple qui, dans son immense majorité est composé de salariés contribuant tous à la richesse nationale, par-delà leurs origines et religions, son idéologie de haine et de stigmatisation ne cesse de creuser des fractures aussi profondes que dangereuses pour la cohésion nationale. En se proposant de réorganiser la société française à partir d’une ligne de partage ethnique, ce qu’il baptise « priorité nationale », il ne fait au fond qu’agir en miroir du djihadisme totalitaire qu’il prétend combattre, entraînant l’humanité dans un « choc de civilisations » qui promet cette dernière à un surcroît de guerres et de dévastations.

Ainsi l’héritière du clan Le Pen se pose-t-elle en défenseur de notre « modèle social » face à une construction européenne qui s’emploie à le disloquer. À ceci près qu’elle et ses partisans en appellent à la mise au pas des syndicats, récusent l’augmentation du Smic dans le même temps qu’ils préconisent la baisse des cotisations patronales à l’unisson du Medef, s’opposent à l’encadrement des loyers comme à toute politique de justice pour les villes ou quartiers populaires, ne trouvent rien à redire à la distribution de dividendes en hausse constante aux actionnaires, et se gardent bien de défier les marchés financiers puisqu’ils refusent la restructuration des dettes souveraines saignant à blanc notre continent. De sorte que le discours « social » du parti lepéniste ne fait que s’inscrire dans la tradition la plus classique de l’extrême droite. Une tradition qui consiste, pour mieux assurer sa marche au pouvoir, à vouloir détruire la gauche et le mouvement ouvrier en leur disputant leurs thèmes identifiants et leurs secteurs d’influence.

La seule cohérence de ce fascisme de nouvelle génération, car c’est bien de cela qu’il s’agit, réside donc dans sa détermination à abattre la République. Cette République toujours aussi honnie de lui, dès lors qu’elle n’entend reconnaître que des citoyens ne se distinguant ni par leurs couleurs de peau ni par leurs confessions, et qu’elle se fonde depuis ses origines sur une visée égalitaire et universaliste. Aussi, rien n’est-il plus indispensable que de déconstruire la mythification sur laquelle le FN veut conforter son image de force à même de coaguler toutes les victimes de l’austérité et d’une crise d’identité devenue phénoménale. Cela implique, à l’inverse des tentations qui se manifestent parfois jusqu’auprès de certaines éminences gouvernementales, sur le terrain sécuritaire par exemple, de ne jamais céder un pouce de terrain à sa rhétorique excluante ou à ses solutions démagogiques. De travailler à unir, autour des valeurs d’égalité et de justice, toutes les forces de la gauche et du camp progressiste, afin d’opposer à la menace un rapport de forces que l’éparpillement et la division ne parviendront jamais à construire. De savoir proposer à un peuple en proie au découragement et à un sentiment d’impuissance ravageurs, un nouveau pacte républicain d’urgence et de solidarité dessinant la perspective d’un monde plus juste. Le Parti communiste avait, en d’autres temps, su être à l’initiative du programme du Conseil national de la Résistance. C’est une ambition de ce niveau qu’il importe aujourd’hui d’afficher…

Lire la suite: Alexis Corbière SN du Parti de Gauche, Marc Delepouve, universitaire, syndicaliste. (http://www.humanite.fr/en-quoi-le-fn-represente-t-il-une-regression-sociale-et-democratique-590652 )

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