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Publié par glazik-plomeur

Services publics en danger !

Jeudi 26 novembre la liste bretonne du Front de gauche avait invité celles et ceux qui ont à cœur les services publics à venir débattre avec Xavier Compain, PCF, tête de liste régionale, Catherine Boudigou, PG, tête de liste pour le Finistère, et Didier Le Reste, ancien secrétaire général des cheminots CGT, conseiller municipal PCF-Front de gauche de Paris et animateur du Front des luttes.

Après un passage à la gare de Quimper pour rencontrer les cheminots CGT, ils rejoignirent les Halles St François où les attendaient déjà plus de cent personnes.

Car la question des services publics est une question sensible dans cette partie du Finistère (en breton Pen ar Bed, le bout du monde) située à l'extrême ouest de la Bretagne et au sud d'un département qui s'organise de plus en plus autour de la métropole brestoise au nord.

D'autant plus sensible que certains territoires voient leur population décroître et vieillir.

Le recul des services publics, engagé depuis longtemps, s'accélère ces derniers mois : fermeture de la chirurgie autre qu'ambulatoire à l'hôpital de Douarnenez ; refus de rouvrir les urgences de nuit à Concarneau ; suppression des urgences psychiatriques à Quimper ; 43 bureaux de poste menacés, restriction des horaires d'ouverture dans d'autres ; fermeture de boutiques SNCF, de guichets du trésor public ou des impôts ; dégradation de la ligne ferroviaire Quimper-Landerneau-Brest par défaut d'entretien des voies ; suppression des trains Intercités Quimper-Nantes et Quimper-Bordeaux ; fermeture de classes, de collèges publics ; difficultés pour les structures culturelles par amputation de leurs subventions; menaces sur l'abattoir public de Pont-Croix dans le Cap Sizun...

Tout cela se traduit par moins de service à la population, des territoires abandonnés, une économie fragilisée, un accès aux droits rendu plus difficile pour les victimes de l'exclusion sociale et/ou territoriale, pour les personnes âgées, et par une dégradation de l'emploi et des conditions de travail des personnels.

En ouverture du débat, des syndicalistes et des militants associatifs firent un tableau accablant de la situation : 2 syndicalistes CGT, la factrice Marie Le Berre candidate sur la liste régionale, et le cheminot Nicolas Quéau, puis Yves Jardin, engagé de longue date pour la défense des hôpitaux de proximité, Hélène Derrien, animatrice d'un collectif de défense des services publics en Cornouaille, et Jean-Marc Cléry, secrétaire régional de la FSU qui avait transmis son témoignage écrit,

Avec en fil conducteur la dégradation du service public de proximité au nom de logiques financières déguisées en bonne gouvernance : ici des « petits » collèges, là des « petits » hôpitaux, qui n'auraient pas la dimension suffisante pour assurer un service de qualité ; ailleurs ce sont des « petites » lignes ferroviaires qui ne seraient pas « rentables », ou des bureaux de poste situés dans des communes rurales ou des quartiers populaires .

Arguments fallacieux démentis par la réalité.

Ce dont il s'agit c'est bien de comprimer la dépense publique pour accroître les marges financières des grands groupes.

Didier Le Reste prenant la parole ensuite rappela que les services publics se sont développés à la Libération à partir du programme du Conseil National de la Résistance, qu'ils sont porteurs de progrès, d'égalité, de justice, de solidarité, qu'ils contribuent au lien social comme à l'équilibre des territoires et à la préservation du climat.

Il souligna leur rôle au service de la population, une nouvelle fois mis en évidence lors des attentats du 13 novembre, pointant l'hypocrisie de ceux qui aujourd'hui saluent l'action de leurs personnels alors qu'ils sont les artisans de leur affaiblissement par le soutien qu'ils apportent aux directives européennes de libéralisation et à la baisse de la dépense publique.

Il montra que l'argent existe pour répondre aux besoins, mais qu'il va à l'accumulation financière et non aux investissements utiles.

La parole fut ensuite donnée au public.

Il fut question de la détresse des personnes âgées, et, comme en écho, de la souffrance des personnels hospitaliers, telle cette infirmière en EHPAD qui, au sortir du travail, a besoin de 4h de décompression pour reprendre le cours de sa vie de famille ; de la nécessité d'un nouveau service public pour l'aide à la personne; des services et guichets fermés aux impôts et au Trésor public et de la nécessaire réforme de la fiscalité ; de l'ombre menaçante du Tafta sur nos services publics ; de la réforme du collège ; de la dégradation de l'emploi et du service aux usagers ayant suivi les décisions de libéralisation des Télécom...

L'exigence de démocratie se fit entendre, et aussi la volonté de résistance, comme celle de ces postiers qui au bout de 4 jours d'une grève très dure ont obtenu le report d'une réorganisation désastreuse pour eux comme pour les usagers ; l'urgence à agir pour d'autres choix.

Le besoin de parler était encore très fort mais l'heure était venue de donner la parole à Catherine Boudigou. Partant de son expérience de médecin, elle montra le peu de cas qui est fait de l'humain et plaida pour une autre utilisation de l'argent, soulignant les sommes englouties dans les dépenses militaires, et notamment les armes nucléaires concentrées dans la presqu'île de Crozon.

Et la conclusion fut à Xavier Compain qui présenta ses propositions appuyées sur la création d'un fonds régional pour l'emploi et la formation permettant de mobiliser le crédit.

Reconquérir les services publics pour répondre aux besoins des habitants, agir pour le développement harmonieux des territoires et pour le climat, c'est opposer aux logiques financières une autre logique basée sur l'intérêt général, la démocratie, les coopérations, les solidarités, l'égalité des droits.

Montrant combien la liste Front de gauche, par son projet et sa composition, donnant une large place au monde du travail, faisait écho aux préoccupations exprimées au cours de ce débat, il termina en appelant toutes et tous à se mobiliser pour le vote du 6 décembre.

(http://quimper.pcf.fr/79155 )

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