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Publié par glazik-plomeur

Les langues régionales et le parti communiste : un point d'histoire

Un article d' Yvonne Rainero

Vendredi 23 octobre, un débat organisé par Kevre Breizh, coordination des associations culturelles bretonnes, réunissait au théâtre Max Jacob de Quimper les représentants des principales listes présentes aux prochaines élections régionales, dont Xavier Compain, tête de la liste de rassemblement initiée par le Front de Gauche, et chef de file des candidats communistes.

Alors que la ratification de la charte européenne des langues régionales et minoritaires va venir en discussion mardi 27 octobre au Sénat, ce sujet occupa une place importante dans cette soirée, chacun se déclarant favorable à cette ratification.

Contrairement aux candidats de la droite et du PS, pour lesquels il y a souvent loin des déclarations aux actes, Xavier Compain put s'appuyer sur les prises de position et votes constants en faveur de cette ratification des députés et sénateurs communistes et Front de gauche, comme des élus du groupe GUE au Parlement européen, à la seule exception de Jean-Luc Mélenchon.

Pour les communistes, la ratification de cette charte ne met pas en cause l'unité de la République, au contraire elle l'enrichit et la renforce, face au capitalisme mondialisé qui détruit la diversité dans tous les domaines et ne connaît d'autre langue que celle de la finance.

Les 75 langues pratiquées en France font partie de notre richesse culturelle, elles sont un patrimoine collectif, non dans un esprit communautariste, il n'y a pas d'autre communauté que la communauté humaine, mais comme un enrichissement mutuel, un apport à la construction de notre vivre ensemble.

Et cela vaut pour le breton et les langues des autres régions de France, comme pour celles de l'Outre-mer ou celles issues des immigrations.

Il s'agit de liberté, de démocratie, d'égalité.

C'est ainsi que les communistes se sont toujours déterminés, même si cela ne s'est pas fait sans tâtonnements et débats, parfois très vifs.

Pour ce qui est du breton et de la culture bretonne, les traces historiques sont nombreuses.

Un film d'archives montre par exemple en 1936 à la Fête de l'Humanité de Garches, des Bretonnes et Bretons défilant en costumes et en musique, le poing levé.

Un autre bien connu, Breiz Nevez, Bretagne Nouvelle, fait revivre la fête du PCF à Pont L'Abbé en août 1938 avec l'Internationale en breton précédant les interventions d'Alain Signor et de Marcel Cachin (voir photo ci-contre).

Ce dernier présenté à la fois comme sénateur communiste de Paris et président des « Bretons émancipés », association qu'il avait fondée en 1930 et qui se transforma après la guerre en « Union des sociétés bretonnes d'Île de France », très vivante encore aujourd'hui.

De nombreux élus communistes, comme Michel Mazéas ou Félix Leyzour, et bien d'autres, ont pratiqué ou pratiquent encore avec bonheur la langue bretonne.

Les langues régionales et le parti communiste : un point d'histoire

C'est au nom de Marcel Cachin qu'est associée la 1ère proposition de loi tendant à la « conservation de la langue et de la culture bretonne », présentée le 16 mai 1947 par les députés communistes Pierre Hervé, Gabriel Paul, Alain Signor pour le Finistère, Hélène Le Jeune et Marcel Hamon pour les Côtes du Nord, Louis Guiguen pour le Morbihan, et l'ensemble du groupe communiste et apparentés.

Cette proposition prévoyait notamment que l'usage de la langue bretonne soit recommandé aux maîtres chaque fois qu'ils pouvaient en tirer profit pour leur enseignement, y compris pour l'enseignement du français.

Le rapporteur désigné par l'Assemblée s'empressa d'enterrer le projet. C'était M. Deixonne, futur auteur de la loi de 1951 qui porte son nom et est très en retrait par rapport à celle proposée par les communistes !

L'intérêt des communistes ne se porta pas seulement sur le breton : le 24 juillet 1948, ils proposaient une nouvelle loi, cette fois en faveur du catalan.

Elle aussi enterrée...

Ces propositions s'inscrivaient dans un processus de démocratisation de la société, et de reconnaissance et d'épanouissement des cultures populaires.

Objectifs qui n'ont en rien perdu leur pertinence, bien au contraire, à l'heure où la loi des marchés financiers pèse sur nos vies et où les TAFTA et autres traités transatlantiques nous menacent de nouveaux reculs de la démocratie et d'une dangereuse uniformisation de toute la planète.

http://quimper.pcf.fr/

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