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Publié par Torreben

Cours de philosophie politique par José « Pepe » Mujica

un article de Cathy CEIBE, journal L’Humanité du 30/31 octobre 2015 (www.humanite.fr)

À l'invitation de Jean-Luc Mélenchon, l'ancien président de l'Uruguay a exposé à Paris un réquisitoire contre le capitalisme.

José Mujica a parlé avec simplicité et franchise. Il était jeudi à Paris pour livrer une analyse politique et philosophique dans la perspective de la conférence sur le climat de Paris, à l'invitation du responsable du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon. L'amphithéâtre de la faculté de médecine de Descartes était plein comme un œuf pour entendre l'ancien président de l'Uruguay dresser un réquisitoire accablant du système capitaliste. « Nous ne pensons pas qu'il existe une crise écologique. La vraie crise est politique et la crise écologique en est la conséquence », a déclaré d'entrée de jeu « Pepe », son diminutif par lequel le monde entier l'appelle. Le ton a ainsi été lancé. Sans se départir de ce regard souriant qui l'accompagne en permanence, l'ex-guérillero tupamaro a fustigé cet ordre du monde qui n'offre « aucune solution » aux problèmes structuraux de notre planète et de l'humanité mais qui est capable d'investir des « ressources pour inventer des mers au milieu du désert » ou encore « coloniser ».

« La question est de savoir si nous sommes capables de transformer ces ressources en faveur de l'humanité et pas seulement du marché », a lancé le « Viejo » (le vieux), comme on le surnomme également, à un auditoire qui n'a pas manqué de l'applaudir. Cette question aura d'ailleurs été la colonne vertébrale de son propos. L'ex-guérillero a en effet invité à penser et repenser les causes de tous les maux et les dommages étroitement liés à l'irrésistible frénésie du capitalisme financier, « cette addiction à l'accumulation de l'argent », a-t-il pris soin de préciser.

« Affronter l'égoïsme naturel »

Mais il a surtout insisté sur l'impérieuse nécessité de cogiter sur le rapport individu et collectif ou encore la révolution culturelle à entreprendre soi-même et à plusieurs pour s'émanciper des visions et des pratiques consuméristes qui imprègnent les existences et « affronter l'égoïsme naturel ». Il en a appelé à « cet animal doté d'intelligence, créateur de civilisation », capable de « gestes de solidarité intergénérationnelle » pour agir sur la « vie » et sur « le temps » avec les autres contre « l'exploitation » par le travail, ce qu'il a résumé ainsi : « moins de temps pour avoir plus de temps de liberté ».

Au terme d'un bref échange avec le public, le Viejo, qui avait jeudi tout d'un grand sage, a rappelé en une heure de temps de parole que la lutte des classes, les partis politiques et l'action collective pour transformer la réalité, peu à peu, « par étapes », a-t-il insisté, restent d'une brûlante actualité.

Notice biographique José Mujica : http://www.courrierinternational.com/article/2012/11/29/jose-mujica-le-heros-meconnu-de-l-amerique-latine

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