Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par glazik-plomeur

Chantal Fuchs : Une femme debout nous a quitté

Combien étions nous, serrés les uns contre les autres, sous une pluie battante, sans doute plus de deux cent dans ce cimetière de Loctudy. Nous étions venu dire un dernier au revoir à notre Camarade, Famille, Amis et Camarades tous unis dans un même recueillement. Poèmes, chants et les mots des uns et des autres ont accompagné son dernier voyage... Va Chantal, nous sommes de tout cœur avec ta famille.
R.D.

Allocution de Étienne Le Bellec, au nom de la Direction de Section du Parti Communiste

Mesdames, Messieurs, cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades.

Une femme debout nous a quitté.

Chantal était de cette génération faite, du combat, de la générosité, du courage, tant il est vrai que toutes ces qualités, qu’elle possédait, ne pouvaient vivre et s’exprimer autrement qu’en accompagnant son idéal de libération et de solidarité humaine.

C’était une militante ; et ce beau mot de « militante qui prend toute sa résonance dans l’action de chaque jour et dans la perspective de celle à mener le lendemain… qui plus que toi Chantal pouvait en être dépositaire ?

Depuis qu’avec Robert vous vous étiez installés définitivement au pays Bigouden, pour passer une retraite bien méritée, vous répondiez présent à toutes les sollicitations que nous vous faisions.

Que ce soit aux fêtes du Travailleur Bigouden, au Guilvinec ou à Loctudy, que ce soit pour distribuer un tract ou plus simplement pour transmettre la parole du parti, à ces hommes et à ces femmes croisés, qui plus loin s’en vont et à leur tour la porte.

Chantal, Robert, vous formiez un merveilleux couple fusionnel…vous vous protégiez… et si la maladie, faisant ses ravages, aujourd’hui vous sépare, il restera toujours pour nous le souvenir, à travers les tourments de notre temps, de cette vision de deux êtres unis, fait l’un pour l’autre.

Lors d’un repas à LSR, alors que nous parlions de la résistance, Chantal m’avait parlé d’un poème qu’elle venait de lire, un peu par hasard et qui l’avait particulièrement touché, c’est celui du poète à son parti, un texte de Louis Aragon.

Hier soir j’ai recherché et retrouvé ce poème, très court.

En cette occasion permettez-moi de vous le lire et s’il s’agit de l’hommage d’un homme à son parti, convenez qu’il devienne ainsi, par un juste retour des choses, l’hommage de notre Parti à Chantal.

Mon parti m’a rendu mes yeux et ma mémoire

Je ne savais plus rien de ce qu’un enfant sait

Que mon sang fût si rouge et mon cœur fût français

Je savais seulement que la nuit était noire

Mon parti m’a rendu mes yeux et ma mémoire

Mon parti m’a rendu le sens de l’épopée

Je vois Jeanne filer Roland sonne le cor

C’est le temps des héros qui renaît au Vercors

Les plus simples des mots font le bruit des épées

Mon parti m’a rendu le sens de l’épopée

Mon parti m’a rendu les couleurs de la France

Mon parti mon parti merci de tes leçons

Et depuis ce temps-là tout me vient en chansons

La colère et l’amour la joie et la souffrance

Mon parti m’a rendu les couleurs de la France

Chers Robert, Véronique, Marion, Blaise, ses petits enfants, son arrière petit fils, toute la famille, permettez moi au nom de notre section du parti communiste du pays Bigouden de nous associer à votre peine et de vous assurer de notre fidélité.

Car elle était fidèle, cela aussi, comment l’oublier ?

Fidèle à ses engagements du premier jour et cette fidélité d’elle à nous et de nous à elle, seule la mort pouvait la rompre…elle la fait.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article