Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par glazik-plomeur

Notre alimentation et la santé...

Alors que de récentes études semblent mettre en cause la charcuterie et les viandes rouge, comme facteur cancérigène, la campagne concernant la consommation de fruits et légumes semble marquer le pas....Pourtant !

« 5 » comme « 5 fruits & légumes »

On nous dit qu'il faut manger des fruits et légumes, encore faut-il pouvoir se les payer. Les fruits et légumes sains, de qualité, restent inaccessibles pour une majorité de personnes. Cette recommandation de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) de manger 400 grammes de fruits et légumes par jour implique un budget mensuel de 146 euros par mois pour un couple et deux enfants. Nous ne sommes donc pas tous égaux face à cette recommandation de santé publique, d'autant que les clivages sociaux s’aggravent : la part du budget consacré à l’alimentation ne cesse de progresser, et plus les ménages sont pauvres, plus cette part est élevée. Elle atteint jusqu’à 20% du budget d’un ménage modeste : alors que le pouvoir d’achat annuel des Français baissait de 1 500 euros entre 2009 et 2013, le prix moyen d’un kilo de fruits et d’un kilo de légumes bondissait de 25%. Manger sainement reste un luxe : les fruits et légumes bio sont 70 % plus chers que les fruits et légumes conventionnels.

Seulement 11% des français consomment 5 fruits et légumes par jour. 43 % des personnes en mangent insuffisamment et évoquent leur prix comme premier obstacle

L’alimentation participe pleinement de la paupérisation des populations déjà modestes, et renforcent les inégalités sociales et territoriales déjà constatées...

Et pourtant : « M » comme « Mal-bouffe »

Symbolisée par les fast food dans un premier temps, le terme de Mal-bouffe s'étend aujourd'hui plus largement à la dénonciation du modèle productiviste, à l'agriculture intensive.

Les scandales alimentaires de ces dernières années justifie l'utilisation de ce terme. Dans les années 90, l'utilisation des farines animales comme alimentation du bétail déclenche « la maladie de la vache folle » et provoque de nombreux décès ;

En 2008, le produit chimique la mélanine est retrouvée dans du lait en poudre pour nourrissons ;

En 2013, de la viande de cheval est retrouvée dans les plats préparés Findus ou Picard en lieu et place du boeuf, etc.

Le rythmes des catastrophes sanitaires s'intensifie sans que les conséquences soient tirées : la Commission européennes étudie le retour des farines animales dans l'alimentation des animaux d'élevage.

L'industrie agroalimentaire, pour maximiser ses profits et ses efforts de marketing œuvre à la standardisation des goûts.

Par exemple le vin, produit d'un savoir faire, d'un terroir, d'un cépage et d'un concours de circonstances météorologiques est par définition unique et irreproductible. Pour répondre aux injonctions d'homogénéisation de l'agro-industrie, le vin se retrouve dénaturé par l'ajout d'arômes artificiels.

Et pourtant « G » comme « Grande distribution »

La grande distribution exerce un pouvoir considérable sur les prix et l'ensemble des filières agricoles. En France, essentiellement cinq groupes se partagent le gâteau : Mulliez (Auchan), Carrefour, Leclerc, Casino et Intermarché. Pour mesurer leur impact, et à titre d'exemple, il faut savoir que 10% des dépenses alimentaires et d'équipements des Français aboutissent dans les poches de Mulliez (Auchan et autres enseignes du groupe). Le chiffre d'affaire de ce groupe dépasse les 60 milliards d'euros soit 1/4 du PIB de la Grèce !

Le rapport de force est clairement déséquilibré entre de tels géants et les producteurs agricoles. D'ailleurs, la grande distribution réalise des marges de 30 à 50 % sur les produits frais : ainsi des cerises vendues 5 à 6€ le kg ne rapportent au paysan que 0,90€ qui ne couvrent même pas les charges d'exploitation.

Certaines enseignes vont même plus loin en rachetant à vil prix les terres de paysans en faillite pour les exploiter directement avec une main d’œuvre sous-qualifiée et sous-payée. D'autres, comme Intermarché, se sont constitué des flottilles de bateaux de pêche sur le même principe.

N'est-il pas temps de reprendre en mains les choses élémentaire de la vie quotidienne ?

« Chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité. »

Karl Marx, Le Capital.

À suivre...

Commenter cet article