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Publié par Torreben

L'arme du « chômage fiscal » chez PSA

Cela devient une habitude chez PSA Peugeot Citroën. Comme en 2014, le constructeur met au chômage technique 23 000 salariés au total, dans la majorité de ses usines et chez une partie de ses sous-traitants. Seuls les sites de Mulhouse et de Sochaux échappent à cette nouvelle violence.

Avec un chiffre d'affaires en hausse de 6,9 % au premier semestre 2015, selon le Monde, cette décision n'est pas à chercher dans une quelconque baisse d'activité. « L'entreprise affiche des résultats économiques positifs avec un retour dans le vert au niveau de ses finances, on est loin de la situation difficile de 2012 », explique Jean-Pierre Mercier (CGT), délégué syndical central adjoint du groupe PSA. La clé de l'énigme réside en fait dans la recherche d'une « nouvelle ristourne fiscale » de la part du groupe. « Le niveau des stocks détermine la base d'imposition, développe Jean-Pierre Mercier. PSA veut présenter le moins de niveau de stocks possible. En d'autres termes, lorsque ceux-ci ne sont pas très importants, l'entreprise a moins d'impôts à payer. »

LE GROUPE MET AU CHÔMAGE TECHNIQUE 23 000 SALARIÉS POUR RÉDUIRE SES IMPÔTS. LA CGT DÉNONCE UN DÉTOURNEMENT DE FONDS PUBLICS.

Du 27 au 31 octobre, la production va donc tout bonnement arrêter de tourner pour permettre à PSA de baisser les stocks accumulés chez ses concessionnaires et les parcs de ses usines. Les salariés au chômage technique vont être indemnisés à hauteur de 7,53 euros de l'heure grâce à une allocation partielle de chômage. C'est un manque à gagner pour les salariés qui « vont toucher seulement environ 70 % de leurs salaires pleins, selon Jean-Pierre Mercier, qui dénonce un scandale public ».

Mais surtout, le délégué syndical fustige l'utilisation des allocations chômage : « C'est une escroquerie. PSA détourne les fonds publics pour payer moins d'impôts alors qu'ils devraient servir à indemniser les salariés en cas de baisse d'activité. » Selon la CGT de l'entreprise, cette combine fiscale va coûter 6 millions d'euros aux contribuables.

Lola Ruscio

Source : www.humanite.fr

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