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Publié par glazik-plomeur

La montée des tracteurs accouche d’une souris à Paris

Photo : Thomas Samson/AFP

Par GÉRARD LE PUIL pour www.humanite.fr


Laurent Pinatel, porte parole de la Confédération paysanne a vu dans cette journée un « enterrement de première classe de l’agriculture ».

Si la mobilisation des paysans ressemble bien à une réussite avec l’entrée des tracteurs dans la capitale, le résultat de la rencontre de Matignon ne répond à aucune des revendications fondamentales de la profession.

Selon le pointage fait par la FNSEA, 1 733 tracteurs avaient été mobilisés pour monter sur Paris et 1512 étaient effectivement entrés dans la capitale ce jeudi midi pour converger vers la place de la Nation. Vers 15 heures, après avoir reçu une délégation comprenant notamment Xavier Beulin, président de la FNSEA et Thomas Diemer, président de Jeunes Agriculteurs, Manuel Valls a déclaré devant la presse qu’il était porteur d’un « message d’amour » du gouvernement aux paysans ajoutant aussitôt : « c’est un message fort et sincère, vous avez le soutien de la Nation. La France ne lâchera pas ses agriculteurs. Le désespoir, l’humiliation, la colère nous les entendons et avec le gouvernement nous y répondons».

Cet amour ne semble pourtant pas de nature à mettre fin au désespoir, à l’humiliation et à la colère. Le Premier ministre a déclaré que les aides versées par l’Etat, les régions et l’Union européenne seront portées « à 350 millions d’euros par an sur trois ans », sans que l’on sache ce que cela fait comme augmentation, ni de quels types de fonds il est question. Pour le reste, Manuel Valls a annoncé « une année blanche » en 2015 pour les remboursements de dettes bancaires des paysans en difficulté et un doublement de la prise en charges de certains intérêts d’emprunts, tandis que les prises en charge de cotisations sociales seront triplées pour atteindre 50 millions d’euros.


Un « enterrement de première classe de l’agriculture »

Ces apports de fonds - destinés aux banques auxquelles les paysans les plus endettés doivent beaucoup d’argent- ne règlent en rien la question des prix agricoles qui vont demeurer très bas pour le lait, la viande bovine et porcine alors qu’ils sont à l’origine des difficultés du monde agricole comme nous l’avons montré dans un précédent article d’analyse. Xavier Beulin en a fait l’amère expérience quand il a tenté d’expliquer à ses troupes que « le gouvernement a entendu le message » de la FNSEA ce jeudi. Le président du syndicat a entendu les mots « vendu » et « démission ». « On va mettre le feu », s’est indigné un producteur de porcs des Côtes d’Armor, « on n’a rien obtenu, pas de prix, aucune garantie, on a une année blanche mais ça ne résout rien. A la fin de l’année il faudra payer ». Encore plus amer, un jeune paysan lorrain a lancé à ses aînés : « je n’ai rien, je repars comme une merde, j’attendais une baisse des charges. Vous allez vous faire déborder».

Ayant un moment envisagé de faire participer son syndicat à cette journée avant d’y renoncer « quand on a vu la reprise en main extrêmement populiste de Xavier Beulin », Laurent Pinatel, porte parole de la Confédération paysanne a vu dans cette journée un « enterrement de première classe de l’agriculture ».

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