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Publié par Torreben

Grande distribution : « une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale » (2)

Après Voyage dans la grande distribution : les prédateurs L'exemple « LECLERC », voici le chapitre 2 de notre exploration de l’univers de la grande distribution.

En 1847, dans le Manifeste du parti communiste, Marx dénonçait le rôle de la bourgeoisie (lire le capital) qui « ne laisse subsister entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du « paiement comptant. », qui « a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. » et qui « a mis en place une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale. »

Pour tous ceux qui pourraient douter de la permanence de ce constat, il faut se rapporter à cette information récente parue dans la presse : « Deux mille esclaves libérés en Indonésie ».

L’agence Associated Press a mené une enquête sur les filières d’approvisionnement en produits de la pêche de la grande distribution américaine (Wallmart et Sysco) pour constater que le pourvoyeur était une société de négoce thaïlando-indonésienne qui faisait travailler sur ses bateaux des milliers de Birmans, de Cambodgiens ou de Laotiens réduits en esclavage. Les enquêteurs ont retrouvé ces marins dans une île, encagés comme des animaux, forcés de travailler jusqu’à vingt-deux heures par jour, fouettés avec des lattes de galuchat, sans recevoir aucun salaire. Certains étaient torturés, mis en cage ou soumis à des courants électriques.

On pourrait objecter qu’il s’agit des Etats-Unis, vous savez, ce grand pays démocratique si souvent servi comme référence dans les médias, le plus grand pollueur de la planète, ce pays qui négocie le TAFTA avec l’Europe, n’ayant qu’un dieu unique : le fric.

Nous avons en France dans la grande distribution quelques donneurs de leçons, des apôtres du « développement durable » des « défenseurs de l’environnement » qui adopteraient prétendument des « comportements écologiques » se donnant bonne conscience à coups de belles envolées publicitaires.

En 2013, dans la banlieue de Dacca survenait la pire catastrophe industrielle de l’histoire du Bangladesh avec l’effondrement de l’usine de confection du Rana Plaza, tuant près de 1 200 personnes, plus de 2000 blessés et des centaines de disparus, essentiellement des femmes.

Le prêt-à-porter fabriqué à bas coût est un des nerfs de la guerre de l’économie bangladaise. Il représente quelque 80 % des exportations de ce pays où sévit une extrême pauvreté. Dans le deuxième « atelier de confection du monde », les normes de sécurité sont quasi inexistantes et les salaires tournent autour de 30 euros par mois pour une durée de travail allant jusqu’à dix heures par jour.

Le Bangladesh fournit des grandes marques et la grande distribution dans le monde : Mango, H&M, C&A ou Wal-Mart. En France, selon l’ONG Peuples Solidaires, les étiquettes de Leclerc (Siplec), Carrefour (Tex), Auchan (In Extenso), France Denim, Yves Dorsey, Camaïeu ont été retrouvées sur les vêtements dans les décombres du Rana Plaza.

Les salaires de misère, voire l’esclavage, l’exploitation éhontée du tiers-monde, alimentent les fortunes insensées des plus riches.

En France, ils n’ont que ces idées en tête : diminuer le « coût » du travail, augmenter la « flexibilité », détruire les garanties des travailleurs, permettre le travail du dimanche, allonger le temps de travail, pressurer les producteurs... Dans ce gouvernement dit « socialiste » paradent ces petits marquis du libéralisme, issus de la banque – tel Macron – à qui l’on a assigné ce rôle d’ouvrir la voie au modèle libéral auquel ils aspirent.

Les fourriers de l’extrême-droite.

ALRX

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