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Publié par glazik-plomeur

Frappes de l'aviation française en Syrie

Dans un article du journal « L'humanité » (http://www.humanite.fr/la-france-frappe-la-syrie-584946 ) l'auteure Lina Sankari, analyse la situation suite à la décision du Président Hollande de bombarder sans mandat de l'Onu le territoire syrien, nous reprenons en totalité cet article sans commentaire.

R.D.

La France frappe la Syrie

LINA SANKARI

Les premières opérations aériennes ont été menées aujourd’hui dans le nord du pays. A la veille de l’Assemblée générale de l’ONU, les contacts se multiplient avec Moscou et Téhéran en vue d’une résolution politique. Le départ de Bachar Al-Assad n’est plus présenté comme un préalable..

Le symbole est ravageur. À la veille de l’Assemblée générale des Nations Unies, la France a annoncé, hier, avoir mené ses premières frappes aériennes en Syrie contre le groupe « Etat islamique » (EI). Sans mandat de l’ONU, Paris s’est ainsi engagé dans une action militaire justifiée, selon l’Elysée, par la légitime défense dans un contexte de risques terroristes. La Défense assure qu’elle ne s’engagera pas dans une « campagne de frappes massives » mais d’actions ciblées contre les « centres de gravité » (centres de commandement de Daesh, camps d’entraînement, etc.). Alors que les djihadistes contrôlent 40% du territoire syrien, les opérations devraient dans un premier temps se concentrer sur Raqqa, place forte de l’insurrection islamiste, et sur un quartier général où les attentats contre l’Europe seraient planifiés.

Cet engagement au nord de la Syrie intervient alors même que tout semble se précipiter. Épaulée par Moscou, l’armée légale syrienne paraît de nouveau à l’offensive contre les djihadistes après plusieurs semaines de reculs militaires. La Russie aurait ainsi placé une trentaine d’avions de reconnaissance et d’attaque et appelle à une action concertée contre l’EI. Dans cette optique, le président Obama devrait rencontrer Vladimir Poutine à New York et signer la fin de la mise à l’écart de Moscou depuis la crise ukrainienne. Ces opérations dans un espace aérien restreint laissent par ailleurs présager une coordination de fait entre les forces françaises et les différentes nations y compris la Syrie.

Enfin, le porte-avions chinois Liaoning-CV-16 s’est posté sur le port syrien de Tartous, renforcé par un croiseur lance-missiles. Pour la première fois depuis le début de la guerre, Pékin viendrait renforcer l’action russe grâce à mille marines, un escadron de chasseurs J-15, d’hélicoptères afin de poursuivre les djihadistes ouïghours, venus du Xinjiang, présents en Syrie.

Sur le plan diplomatique, la chancelière allemande Angela Merkel a confirmé le tournant pris depuis plusieurs semaines par les diplomates occidentaux. Après Londres, cette dernière a estimé qu’un processus de discussions devait être engagé avec le président syrien. Alors que les principales puissances faisaient du départ de Bachar Al-Assad un préalable à la transition, le président turc Recep Tayyip Erdogan a expliqué que le raïs syrien pourrait être partie prenante du processus de transition. À New York, la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini et le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif « se sont dits prêts à coopérer, dans le cadre des efforts menés par l'ONU », selon un communiqué européen. Tenu à distance des négociations de Genève, Téhéran est de fait un acteur incontournable de la résolution du conflit. Après une rencontre avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry, le diplomate iranien devrait rencontrer Laurent Fabius, jusqu’alors méfiant à l’égard de l’Iran.

Concernant l’avenir politique de Bachar al Assad, le ministre français a également opéré un virage à 180 degrés malgré les circonvolutions : « Cette négociation ne peut pas avoir comme préalable que Bachar al-Assad sera l'éternel futur de la Syrie. Mais il faut qu'une négociation se noue ». Si l’on est encore loin d’un plan de paix aux objectifs clairs, Laurent Fabius plaide pour « la formation d'un gouvernement incluant des éléments du régime et des membres de l'opposition qui refusent le terrorisme ».

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