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Publié par Torreben

EXILS : les réfugiés victimes du chacun pour soi des États de l'UE

ÉMILIEN URBACH (Journal L’Humanité du 15 sept. 2015)

Hier, les accords de Schengen sur la libre circulation étaient de fait suspendus par plusieurs pays membres de l'Union européenne. Le sommet des ministres de l'Intérieur, qui se sont réunis en urgence à Bruxelles, n'a accouché d'aucun accord satisfaisant sur l'accueil des réfugiés.

« Un grand nombre de réfugiés cherchant en Europe une protection qu'ils sont en droit de recevoir, en conformité avec le droit international, se retrouvent à tourner en rond à la suite d'un vide juridique », s'inquiétait le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies, en amont de la réunion bruxelloise. Rappelant au passage « l'urgence de mettre en place une réponse globale européenne ». Cette logique a d'ores et déjà été écartée par les gouvernants de l'Union qui refusent toujours d'instaurer une gestion commune du droit d'asile.

En témoignent les tergiversations en cours sur la mise en place d'une liste commune des pays sûrs. Actuellement, chaque pays d'Europe définit ce qu'est un réfugié en fonction de sa propre législation. La solidarité entre pays européens devrait passer par la révision des accords de Dublin qui, pour l'instant, obligent les pays dits de première ligne, comme l'Italie et la Grèce, à gérer seuls l'arrivée des exilés sur leur sol et empêchent les exilés de faire une demande d'asile dans le pays de leur choix. Or, le soudain revirement de l'Allemagne, qui avait dans un premier suspendu l'application de ces accords avant de refermer subitement ses frontières, hier matin, indiquait que nos ministres ne prendraient aucune décision allant en ce sens.

Un manque de courage manifeste, qui s'est également traduit par l'absence de décisions concernant la création de voies légales et sécurisées permettant l'accès au territoire européen. Dans un courrier adressé vendredi à François Hollande, une quinzaine d'associations indiquaient pourtant que « la délivrance de visas et la suppression des visas de transit aéroportuaire s'imposent, comme s'imposent le soutien au regroupement familial ».

Et d'ajouter: « L'UE pourrait aussi mettre en œuvre le mécanisme prévu par la directive 2001/55/CE du 20 juillet 2001 relative à l'octroi d'une protection temporaire. » Ce dispositif prévoit d'offrir une protection immédiate « en cas d'afflux massif ou d'afflux massif imminent de personnes déplacées en provenance de pays tiers et qui ne peuvent rentrer dans leur pays d'origine ».

Nos dirigeants n'ont pas non plus jugé utile de mettre à l'ordre du jour de leur réunion « l'audace » et « l'humanité » auxquelles les exhortait Jean-Claude Juncker, mercredi dernier, en appelant à une modification de « notre droit interne pour permettre aux migrants de travailler dès lors qu'ils arrivent sur le territoire de l'UE ». Disposition prévue par la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leurs familles, entrée en vigueur en juillet 2003. « Aucun des pays membres de l'UE n'a daigné la ratifier », regrettait Marie-Christine Vergiat, députée européenne du Front de gauche, vendredi soir, à la Fête de l'Humanité.

Le sommet européen d'hier n'aura en rien répondu à la détresse de ceux qui cherchent refuge dans nos contrées. Il creuse également le fossé entre les dirigeants européens et les peuples solidaires, à l'image des 30000 personnes qui ont manifesté samedi à Copenhague pour défendre l'accueil des réfugiés. Partout en Europe, ils sont de plus en plus nombreux à penser que seule la transformation de l'ordre mondial, pour la paix et la coopération, permettra de trouver une issue aux drames des exodes humains.

« LA SITUATION EXIGE UNE ACTION DE SANTÉ PUBLIQUE RÉGIONALE, GLOBALE ET SYSTÉMATIQUE » EN DIRECTION DES RÉFUGIÉS », A DÉCLARÉ ZSUZSANNA JAKAB, DE L'OMS.

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HONGRIE : LA LOI ORBAN ENTRE EN VIGUEUR

La nouvelle législation anti-migrants entre en vigueur aujourd'hui. Elle autorise le déploiement de l'armée sur le secteur frontalier. Un autre projet de loi permettra à l'armée d'ouvrir le feu si nécessaire.

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