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Publié par glazik-plomeur

Emploi : l'embellie ? Des chiffres et des faits dans le Finistère.

Nous reprenons un article de nos camarades de la section de Quimper, paru sur leur site (http://quimper.pcf.fr/ )


François Hollande ne cesse de nous annoncer l'inversion de la courbe du chômage, la reprise de la croissance.

En réalité malgré des modifications statistiques fort opportunes qui ont « sorti » de la catégorie A environ 10 000 chômeurs, le redressement annoncé ne s'est toujours pas produit, notre pays compte plus de 6 millions de chômeurs toutes catégories, avec une hausse inquiétante du travail précaire, du chômage des seniors, avec des pertes massives d'emplois dans l'industrie et la construction (près de 85 000 entre le 1er trimestre 2014 et le 1er trimestre 2015).

Et il ne pouvait en être autrement avec la politique dite de « baisse du coût du travail » au nom de la « compétitivité » car le problème de l'économie française ce n'est pas le « coût du travail » mais celui du capital.

Les salaires mirobolants et retraites chapeaux scandaleuses des patrons des grands groupes en témoignent :

  • 14 millions d'euros empochés par le PDG d'Alcatel à son départ (2 ans de présence =10 000 emplois supprimés)

  • 15 millions pour celui de PSA (bilan : 8 000 emplois supprimés )

  • 11,2 millions d'euros pour celui de Sanofi (10 mois de présence = 1000 emplois supprimés)

  • le salaire annuel du patron de Renault-Nissan = plus de 1000 années de SMIC

Quand on pense que M. Macron voulait limiter les indemnités accordées par les prud'hommes aux salariés licenciés !

Et tout cela n'est que la partie émergée de l'iceberg : + 34 % de hausse pour les profits des grandes entreprises du CAC 40 au 1er semestre.

Cet argent-là ne va ni à l'emploi ni aux salaires.

On en a un exemple éclatant avec le CICE, versé sans contrepartie aux entreprises, et qui était justement supposé aider à la relance de l'emploi.

Parmi les principaux bénéficiaires de cette manne de 8,7 milliards d'euros en 2014, les banques (211 millions d'euros, plus de 3000 emplois supprimés), la grande distribution (Leclerc, Carrefour), des groupes comme Orange, Sanofi (1800 licenciements en 2014), Renault, PSA (3450 licenciements prévus)...

Le groupe Bigard a reçu l'an passé, entre CICE et aides Fillon, 32 millions d'euros.

Le moins que l'on puisse dire c'est que cela n'a bénéficié ni aux salariés, ni aux éleveurs, ni aux consommateurs.

Et dans le Finistère

Dans le Finistère, les entreprises ont touché 73,2 millions d'euros de CICE en 2014.

Curieusement ce montant compense la cotisation sur la valeur ajoutée versée par les entreprises au budget du département...

On ne peut pas dire que ce cadeau de l'État, fait avec l'argent de nos impôts, ait profité à l'emploi..

43 690 chômeurs de catégorie A fin juillet dans le Finistère, +4,9 % en un an.

Si l'on totalise les catégories A,B,C, c'est 5 180 demandeurs d'emploi en plus en un an, soit + 7,8 %, et + 10,3 % pour les hommes de plus de 50 ans

Le cumul depuis le 1er janvier des offres d'emploi collectées par Pôle emploi accuse une baisse de 8,2 % sur l'an dernier, avec 1 637 offres en moins, un peu plus de 4 sur 10 seulement correspondent à des emplois durables (6 mois ou plus). Pour l'agriculture la chute est de 28,2 %.

Sur 5 ans dans le Finistère, l'emploi salarié recule de 2,3 % dans l'industrie ; de 4,6 % dans l'agroalimentaire ; de 8,7 % dans la construction.

Le CICE n’est qu’une partie des 40 milliards d’euros de cadeaux aux entreprises décidés par le gouvernement qui sont un jackpot pour les actionnaires et se retournent contre l’emploi et la croissance.

La question de fond c'est que les richesses produites par le travail de tous sont accaparées par un petit nombre.

Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz déclarait à l'Humanité il y a quelques jours : « 91 % de la croissance est capturée par 1 % en haut de l'échelle » et il mettait en cause les politiques d'austérité, y compris en France.

C'est ce cap qu'il faut changer, et le gouvernement Hollande-Valls-Macron n'en prend pas le chemin .

Au contraire.

Toutes ses décisions vont dans le sens des demandes du Medef et des intérêts de la finance contre ceux du monde du travail : travail du dimanche, durée du travail, attaques contre le droit du travail... Et quand François Hollande a des regrets, ce n'est pas d'avoir tourné le dos à ses promesses de campagne, mais de ne pas avoir maintenu la TVA sociale de Sarkozy !

Cette politique est désastreuse.

La voie pour en sortir n'est pas un mystère : c'est le rassemblement le plus large de celles et ceux qui n'acceptent pas l'horizon désespérant tracé par les marchés financiers.

C'est ensemble que nous pouvons mettre en échec le politiques d'austérité, ouvrir une alternative qui donne la priorité à l'humain et pas à la finance.

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