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Publié par glazik-plomeur

​CLAP de FIN au LAC de Loctudy ? La grande braderie culturelle...

Voici quelques jours nous publions un article concernant la liquidation de l'Association culturelle de Loctudy le LAC, aujourd'hui c'est l'ex-Directeur de cette association qui sous forme d'une pièce en cinq actes livre sa version des faits, nous la publions in extenso.

Comment, cependant, ne pas faire le rapprochement avec ce qui se passe dans de très nombreuses communes de droite qui font de la vie associative une variable d'ajustement budgétaire, prétextant la baisse des dotations...

D'une manière générale l'on recensait déjà en mai dernier, 195 structures culturelles fermées ou festivals annulés à travers la France !La liquidation du LAC ne s'inscrit-elle pas dans ce cadre là ?

R.D.

LAC : la grande braderie culturelle…

Une pièce en 5 actes du citoyen MEDER, ex-directeur du Centre Culturel de Loctudy.

Synopsis

L’association Loctudy Art et Culture est dans une situation trouble. Les propos de la Présidente de l’association retenus par les médias sont sporadiques. Dans le même temps, le Maire de Loctudy multiplie les prises de parole, comme si le Maire était toujours représentant légal de l’association (fonction occupée par cette même personne pendant trois années consécutives et qui fait de l’élue la meilleure connaisseuse de l’association et de sa réalité quotidienne). L’ambition de développement culturel de la commune de Loctudy semble être envoyée, pour l’instant, dans les hauts-fonds de la baie des Glénan. Mise en scène de quelques explications à partir d’extraits repris dans la presse et sur Bigouden TV pour comprendre la méthode d’ingénierie adaptée ici à la culture. L’ingénierie faisait partie du programme électoral de l’actuel maire de Loctudy.

ACTE 1 : L’entrée en scène du personnage principal

Bigouden TV du 01 septembre 2015 - Christine Zamuner ; Maire de Loctudy

« Les difficultés sont venues il y a un an lorsque Stéphane Méder (le directeur) a annoncé sa démission. Puis, selon elle, « il est revenu sur ce qu’il a dit et est rentré dans une négociation… Tout a ensuite dérivé. »

C’est archi-faux. L’utilisation d’arguments fallacieux ne peut que traduire la fébrilité de l’élue pour gérer le dossier LAC. Madame le Maire le sait mieux que personne… Mon départ était déjà porté au débat et à la discussion dès 2014 face à la faiblesse financière de l’association LAC. La séparation d’un commun accord a été reçue favorablement par le Maire et la présidente de LAC à la veille de l’Assemblée Générale Extraordinaire de février 2015. Nous partageons une valeur avec les anciens : la parole donnée vaut contrat. Mais lorsque la parole n’est pas vraie, aucun contrat ne peut tenir. Le principal artifice du bonimenteur est de mettre le spectateur en confiance pour lui faire avaler la pilule, sans vague.

ACTE 2 : le tour de passe-passe

Bigouden TV du 01 septembre 2015

"Christine Zamuner, Maire de Loctudy, reconnait que le résultat est au final de -5000 euros si on ne prend pas en compte les licenciements et qu’elle a demandé à inclure les frais de licenciement dans le bilan. »

Ouest France du 2 septembre 2015

" Une convention de mise à disposition à l’association existe."

Eh oui, une convention existe… Et cette convention, associée à la reconduction de la subvention accordée pour 2014, engagent un versement communal de 79000 euros, environ et normalement, pour l’année civile 2015. Or, lors du vote en Conseil Municipal, la subvention accordée à LAC devait juste permettre de finir l’exercice comptable jusqu’au 31 août 2015. Quand je suis arrivé dans cette association, en 2010, elle perdait systématiquement 20 000 euros tous les ans sans que la question de la liquidation ne soit évoquée. Or, nous, les salariés, avons redressé la barre et développé l’association avec force, courage et conviction. Faisons un rapide calcul dans l‘hypothèse de relancer une saison 2015-2016 : on ajoute 24 000 euros de subventions pour clôturer 2015, on enlève les 12 500 euros de charges salariales à la suite de mon départ… Que reste-t-il ? L’assurance que l’association pouvait rebondir sur un déficit de - 5000 euros. Il est évident que si on demande de rajouter des frais de licenciements pour l’ensemble du personnel d’un côté et qu’on s’arrange pour ne verser qu’une quote-part de la subvention sur l’année civile en cours, de l'autre, on peut faire passer la liquidation judiciaire comme inéluctable… Effectivement, à partir d’un tel montage, "au 31 août, les dettes sont supérieures à la trésorerie disponible" (Le Télégramme).

ACTE 3 : un timing étonnant qui pose question

Le Télégramme du 02 septembre 2015 - Maryannick Raphalen ; Présidente de l’association LAC

" Cette décision couperet a été décidée le 2 juin (en fait le 2 juillet) par le conseil d’administration, constatant une trésorerie en grande faiblesse."

Bigouden TV du 01 septembre 2015 - Martine Gensac ; Membre du Conseil d’Administration pour Passe-Parole, Collège partenaires.

" Je tombe des nues ! Au dernier CA je n’ai pas vu cette somme." (en parlant du déficit de 32 000 euros annoncé)

Donc, voilà des membres du CA qui constatent une grande faiblesse de trésorerie au 2 juillet mais qui tombent des nues au 31 août. Souvent, quand on s’essaie à une ingénierie de qualité (çà a été mon métier pendant 10 ans), on propose des scenarii possibles, pour aider à la décision. On peut penser, face à l’intervention de Martine Gensac, qu’aucun scénario, aucune projection financière n’ont été proposés en CA. S’agirait-il dès lors d’une décision prise par un CA, le 2 juillet, dans la plus totale opacité ? Par ailleurs, il est évoqué que la procédure de liquidation judiciaire intervient à la suite de mon licenciement et de celui de la secrétaire de l’association, « Dominique Lebeau étant en arrêt maladie au moment de la procédure » (Ouest France). Sous entendu, le licenciement des salariés est le principal moteur de la décision de liquidation, et dans le même temps, les procédures de licenciements dégrèvent le budget. Dans une ambition de poursuite du projet de LAC, il n’y avait aucune raison de licencier les autres salariés. Dans ce dernier cas, pas de charges supplémentaires, donc pas de déficit suffisant pour justifier une liquidation judiciaire. Tout ceci ressemble à un montage volontaire… Ceci permettant cela.

ACTE 4 : Quand le spectateur a un doute

Ouest France du 2 septembre 2015 - Christine Zamuner ; Maire de Loctudy

" Quand au projet culturel, il n’y en a pas actuellement car c’est juridiquement impossible. "

Le projet culturel existe et a été voté en validé en CA et en AG pour la période 2014-2017. Mais surtout, de quoi parle-t-on ? La question du projet n’est pas une question juridique (la forme) mais de volonté politique (le fond). La forme juridique, l’environnement juridique et pourquoi pas, le calendrier de travail ne sont que des éléments d’un environnement administratif et juridique pour porter un projet. La question n’est donc pas, comme l’affirme le Maire, qu’il n’y a pas de projet pour des raisons d’impossibilité juridique. La question est : soit il n’y a effectivement pas de projet, soit il en existe un mais qu’il est encore trop tôt pour en parler. Point. Nous n’allons pas refaire ici l’histoire du Triskell, à Pont-l’Abbé. Madame le Maire semble confondre le contenant et le contenu. Ce type de position ne fait que renforcer le doute sur la sincérité des élus concernant la séquence que nous vivons actuellement autour de la problématique LAC. Mais il est vrai qu’à Loctudy, les rumeurs, les bruits de couloirs et les faux-semblants paraissent tellement la règle depuis mars 2015 que n’importe qui y perdrait son latin (« rumeur qui ne cessait d’enfler » - Le Télégramme).

ACTE 5 : le clou du spectacle

Ouest France du 2 septembre 2015 - Christine Zamuner ; Maire de Loctudy

« C’est un outil au service des associations, mis à la disposition pour l’intérêt de tous. »

Le clou du spectacle c’est bien évidemment l’invocation de l’intérêt général. Or de cet intérêt général, nous constatons qu’il s’agit de la mise à disposition de salle au service des associations. Oui, Madame le Maire ne se trompe pas, sans vie associative, sans participation bénévole, la plus grande partie de l’animation locale serait inexistante. Mais est-ce à dire que c’est suffisant pour produire une véritable politique locale dans l’intérêt général ? En fait, si on regarde de près les politiques jeunesse, éducative ou culturelle de la commune, on se rendra vite compte qu’elles sont comme ces locaux mis à disposition, mais à l’intérieur desquels aucune association ne consentirait à s’investir, vide… N’en doutons pas, les associations sont les supplétifs de la commune en matière d’animation et de vie locale. Souhaitons, à défaut, qu’il y ait au moins une véritable stratégie de développement économique du territoire… N’en doutons pas mais c’est un autre débat. Aussi, restons vigilants.

Post-Scriptum

Les communes sont, depuis les années 1990, les premiers financeurs de la culture au côté des autres collectivités locales et territoriales. Mais sans un appui fort des premiers, les acteurs culturels ont très peu de chance de convaincre les seconds. Les élus ont toujours besoin de se montrer sous un jour favorable et ceci à des fins électorales. Ce qu’on peut comprendre. Il convient cependant d’accepter de prendre la charge de ses responsabilités lorsqu’on prétend se présenter à tout mandat. Ici, et concernant LAC, il faut bien comprendre que la situation dans laquelle se retrouve l’association est de la responsabilité des élus. Qu’ils en conviennent et prennent cette part de responsabilité qui leur incombe plutôt que de faire passer, à demi-mot ou sous de faux prétextes, leur propre responsabilité sur le dos des salariés. Ces derniers ne sont que victimes d’une situation qu’ils n’ont pas choisie et dans laquelle ils se retrouvent pris au piège d’enjeux et d’ambitions qui ne leur appartiennent pas et sur lesquelles ils n’ont aucun pouvoir.

Par contre, l’avenir de Loctudy, le "vivre ensemble", l’installation sur la commune, l’ancrage des populations, les principes d’animation, de développement économique, d’éducation de la jeunesse sont les affaires de tous. Ce qui se passe via LAC démontre qu’il est important que les représentants élus puissent avoir une parole sincère et sereine. C’est cette parole qui manque, c’est ce manque qui détruit.

Stéphane Méder

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