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Publié par glazik-plomeur

Retraités- L'accès aux soins

La dégradation des finances de la sécurité sociale, depuis des décennies, laisse à chacun un reste à charge de plus en plus lourd.

On hésite à faire appel au médecin lors des premiers symptômes, la maladie s’aggrave, ce sont les urgences, les soins deviennent plus complexes.

Pour les retraités se pose le recours à une complémentaire santé. Le coût est onéreux, le tarif forfaitaire, c’est-à-dire non proportionnel aux ressources et les retraités ne bénéficient d’aucun abondement.

Que la pension soit de 1000 ou 2000 € la cotisation est la même, c’est un manquement à la solidarité, pénalisant les personnes les plus en difficultés.

Seule la sécurité sociale porte les valeurs de solidarité et d’universalité

Permettre l’accès aux soins pour tous nécessite une sécurité sociale portant les valeurs portées par le Conseil national de la Résistance et mises en œuvre par le ministre communiste Ambroise Croizat à la Libération. L’ambition était d’aller vers une prise en charge progressive jusqu’à 100% pour tous les malades. Mais les gouvernements successifs n’ont eu de cesse, sous la pression du patronat, de réduire la place de la sécurité sociale en augmentant le reste à charge pour les patients.

Les mutuelles, les complémentaires/santé et les assurances se sont lancées sur ce marché pour proposer des contrats avec une multitude d’options «basiques » pour les plus pauvres et jusqu’à la prise en charge totale pour ceux qui peuvent souscrire des contrats hauts de gamme.

Nous sommes loin d’un droit à la santé pour tous quelle que soit leur situation sociale.

La loi découlant de l’Accord national interprofessionnel de 2013 va rendre obligatoire les complémentaires/santé au 1er janvier 2016 pour tous les salariés actifs, qu’en sera-t-il pour les privés d’emploi ? Quant aux retraités; aucune disposition nouvelle n’est prise pour un accès solidaire.

Le congrès de la mutualité

Le 12 juin 2015, lors du congrès de la mutualité, le président de la République F. Hollande a fait un discours promettant aux retraités l’accès à une complémentaire/santé obligatoire, au 1er janvier 2017.

Mais l’objectif est resté dans le flou, qui payera quoi, quelle solidarité entre employeurs-actifs-retraités ?

Pourquoi refuser d’améliorer les prestations de la sécurité sociale, universelles, sociales et solidaires, avec des cotisations hiérarchisées ?

Ce choix n’est pas neutre, le patronat a toujours combattu la sécurité sociale, le caractère socialisé de cette part de salaire lui est intolérable.

Sa conception, c’est l’individualisation des contrats et des prestations.

La sécurité sociale, c’est 100%

Reconstruire une sécurité sociale s’appuyant sur les ressources du salaire socialisé, découlant des richesses créées par le travail; regroupant tous les moyens actuellement dispersés entre le régime de base et les complémentaires, pour aller vers une prise en charge à 100% des dépenses maladies comme le voulait le ministre du travail Ambroise Croizat : c’est un objectif rassembleur et dynamique qui nécessite d’être porté par les actifs et les retraités, pour un droit complet et solidaire à la santé.

Michel Bruneau

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