Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par glazik-plomeur

Panique des bourses: ce que veut la Chine

Un article de l'Humanité(http://www.humanite.fr/panique-des-bourses-ce-que-veut-la-chine-582084 )

Depuis lundi, les bourses s’affolent. Tous les doigts sont pointés sur la Chine, accusée de mettre en danger l’économie mondiale. Pour comprendre ces événements en cascade, il faut repartir de la volonté politique de la Chine de transformer son modèle économique. Décryptage.

La Chine veut transformer en profondeur son économie. Passer de la manufacture du monde, où le gros des forces productives sont tournées vers l’exportation, à un modèle plus soutenable, tourné vers la demande intérieur et la hausse du niveau de vie. Une économie plus diversifiée avec d’avantage de services. Ce sont les secousses de l’ajustement un peu brutal du modèle chinois qui font paniquer les marchés financiers.

1-La monnaie. La Chine a la maîtrise de sa monnaie et a dévalué de 2 % le Yuan plusieurs fois successivement ces dernières semaines. L’idée étant de continuer à augmenter le niveau de vie en Chine, mais de ne pas plomber la fameuse « compétitivité » d’un coup, surtout tant que l’économie du pays reste autant dépendante de ses exportations. En baissant le Yuan par rapport au dollar ou à l’euro, le prix à l’export n’augmente pas. Cette décision politique est dénoncée en Europe notamment parce qu’elle perturbe les marchés de change. Certes, ce n’est pas anodin, mais il faut mesurer la critique lorsqu’on voit qu’en quelques mois l’euro a baissé de 20 %...

2-Les bulles spéculatives en chine. Là est le réel problème interne à la Chine. En quelques années, plus de 200 millions de Chinois ont vraiment augmenté leur niveau de vie. Ils ont voulu placer leurs économies et ont trop massivement investi dans deux secteurs : l’immobilier et la bourse de Shanghai. La masse d’argent placée a créé deux bulles spéculatives qui commencent à se dégonfler. Ainsi en un an, de juin 2014 à juin 2015, la masse d’argent placée sur la bourse de Shanghai a été multiplié par 13. Et depuis juillet, près d’un tiers de cet argent a fondu, soit plus de 2000 milliards de dollars envolés… La classe moyenne que Pékin veut développer va faire faire à une crise sociale, d’autant plus que beaucoup ont emprunté pour spéculer.

3-Les matières premières sont touchées. La Chine restant un énorme consommateur de matières premières, du fait de son importante activité manufacturière. Lorsque l’économie chinoise tremble, les premiers à paniquer sont les vendeurs de métaux et pétrole. Les cours du cuivre et de l’aluminium se sont effondrés, et le baril de brut est passé sous les 40 dollars. Il faut comprendre que cette chute des cours est avant tout un mouvement de panique spéculative, la Chine ne s’est pas mise du jour au lendemain à acheter moins de cuivre.

4-Une panique financière généralisée. Une fois que les marchés de change et de matières premières ont montré des signes de panique, le comportement moutonnier des autres places financières a suffit : tout le monde s’effondre. L’activité boursière, loin d’être rationnelle, est dépendante aux affects. Si la confiance règne, les boursicoteurs achètent, de plus en plus chers, convaincus qu’ils trouveront quelqu’un qui achètera encore plus cher. La valeur boursière peut alors atteindre des niveaux 50 voire 100 fois supérieurs à la valeur réelle du produit financier, c’est ainsi que se constitue une bulle spéculative. Mais lorsque la panique gagne, que tout le monde cherche à vendre, sous prétexte que le voisin cherche à vendre, c’est un krach. Et lorsqu’au comportement moutonnier on ajoute des interdépendances fortes, la chute peut prendre d’avantage d’ampleur.

François Hollande semble pour une fois faire preuve de clairvoyance économique. Le président a en effet affiché ce mardi sa "confiance". "Je fais confiance aux autorités chinoises pour surmonter cette crise boursière. Elles ont les moyens d'agir et la croissance chinoise, même si elle continue de ralentir, reste à un niveau enviable". Il suffit en effet de rassurer, pour endiguer le mouvement de panique à la baisse. D’autant plus qu’avant d’envisager des scénarios catastrophistes, la Chine a des réserves d’argents considérables, notamment en dollars (plus de 1300 milliards en bons du trésor américains), qu’elle peut rapatrier pour stabiliser son marché intérieur.

PI.M. MARDI, 25 AOÛT, 2015 HUMANITE.FR


Commenter cet article

conseil supérieur de la connaissance 21/11/2015 08:47

⚠les médias sont aux banques.....et c'est la fin du système bancaire......quotidien.com⚠ http://www.amazon.fr/gp/product/B00YB1OTD8?*Version*=1&*entries*=0