Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par glazik-plomeur

« Il faut réquisitionner 100 000 logements vacants »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHLOÉ RÉBILLARD Pour L'HUMANITÉ

L’association Droit au logement multiplie ses actions, comme hier place de la République, à Paris, pour dénoncer l’augmentation du nombre des expulsions de familles de leur foyer, sans solution de relogement. Marie Huiban, militante au DAL, revient sur la situation.

Vendredi, après avoir accroché une banderole au pont Notre-Dame, non loin de l’Hôtel de Ville, les militants du DAL (association Droit au logement) ont pris d’assaut des dizaines de transats de Paris Plages, pour interpeller la maire, Anne Hidalgo. Hier, l’association organisait un nouveau rassemblement, festif et familial, place de la République, à Paris, rappelant que les expulsions de logement, en Île-de-France (IDF), ne cessent d’augmenter.

Où en sont les expulsions actuellement à Paris et en Île-de-France ?

Marie Huiban Elles augmentent. Pour l’IDF, en 2014, ce sont 4 100 expulsions manu militari. 2 100, rien qu’en Seine-Saint-Denis, sans compter celles des bidonvilles. Ce département rassemble à lui seul un quart des expulsions en France. De plus en plus de gens sont concernés. On voit des familles, des célibataires, des travailleurs avec des ressources, des gens qui avaient résorbé leur dette, des personnes expulsées suite à des congés pour vente ou des congés de reprise, etc. On observe également de plus en plus d’expulsions de locataires des HLM. Les bailleurs sociaux sont de grands expulseurs. La seule solution proposée est d’appeler le 115, mais plus de la moitié des appels sont non pourvus.

Quelles sont les mesures qui peuvent empêcher l’expulsion d’un ménage ?

Marie Huiban Il y avait la loi Dalo. Selon elle et suite à la circulaire de 2012, signée par Manuel Valls en personne, l’État a l’obligation de reloger les ménages reconnus prioritaires sous six mois, avant qu’ils ne se fassent expulser. Or, on le voit depuis peu, l’État laisse passer le délai de six mois et on a des familles prioritaires qui se retrouvent à la rue. Le préfet est pourtant tenu de proposer une solution de relogement. Mais aujourd’hui, les préfectures font chacune à leur sauce, sans respecter la loi. Dans ses promesses de campagne, François Hollande s’était engagé à ce que les familles reconnues « prioritaires Dalo » ne soient pas expulsées. L’État est dans l’obligation de reloger ces familles et, dans le même temps, il les expulse. C’est une absurdité, un non-sens complet.

Vous avez eu un rendez-vous avec le ministère du Logement, quelles sont les propositions que vous portiez ?

Marie Huiban Les discussions ont commencé avec le ministère sans réponse favorable à nos demandes, mais on est dans l’attente d’un nouveau rendez-vous. Nous voulons des solutions pour les personnes qui occupent la place de la République. Plus d’une centaine de personnes s’y relaient jour et nuit depuis le 31 juillet. Elles doivent être relogées et, en attendant, être hébergées dans des conditions stables et décentes. La rentrée scolaire approche. Le DAL demande l’arrêt des expulsions sans relogement. Un plan d’urgence doit, par ailleurs, être mis en place pour mobiliser 100 000 logements vacants. Il devrait être mis immédiatement à disposition quand il s’agit de biens publics, et réquisitionnés lorsqu’il s’agit de biens privés. On demande, de plus, des financements supplémentaires alloués à la construction d’HLM dont les loyers ne devraient pas dépasser les 6 euros par mètre carré. Aujourd’hui, la majorité des logements sociaux construits restent inaccessibles à toute une partie de la population.

Commenter cet article