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Publié par glazik-plomeur

Alerte sanitaire face à la pénurie de médicaments

« Il n’y a plus de sucre ! » clamait Michel Piccoli dans le célèbre film éponyme, déclenchant ainsi une spéculation effrénée qui allait artificiellement gonfler les prix... et les profits de la filière.

Serait-on en train d’assister au même phénomène spéculatif en ce qui concerne les médicaments ? En effet, la sonnette d’alarme est tirée : les ruptures d'approvisionnement de médicaments ont été multipliées par dix en sept ans, selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) d’une part, et d’autre part le même constat – encore plus alarmant – a pu être établi par les officines elles-mêmes.

300 médicaments s'affichent en rupture de stock sur les listings des fournisseurs. Parmi les produits portés manquants, des médicaments qui soignent l'hypertension, un immunosuppresseur, certains médicaments rares (contre la maladie de Parkinson, par exemple) ou encore certains vaccins, dont des vaccins pédiatriques. Or les enfants doivent obligatoirement être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la polio. Face à la pénurie, il ne resterait qu'une solution : un cocktail de six vaccins injectés en même temps ce qui n’est pas sans poser de problème, la vaccination n’étant jamais totalement neutre.

Des alertes ont été adressées à l’ANSM devant ce problème d’importance qui pourrait se transformer en problème sanitaire majeur. Un rapport de l'Académie nationale de pharmacie précisait benoitement en 2013 que « 14 % des ruptures de stocks de médicaments auraient pour origine une difficulté d'approvisionnement en matières premières » ce qui signifie que 86 % des problèmes ont d’autres causes...

En fait, ce « dysfonctionnement » est organisé par les laboratoires pharmaceutiques et les grossistes « répartiteurs » qui approvisionnent les officines. Une stratégie du contingentement qui consiste à limiter la distribution d'un produit pour des raisons purement commerciales et donc de profits. Les laboratoires empêchent les grossistes de vendre leur surplus à l'étranger, et cette limitation volontaire des volumes expédiés aux grossistes est à l’origine de la plupart des pénuries.

Dans ces logiques libérales, il est particulièrement scandaleux que la santé publique soit devenue un simple enjeu commercial. La loi sur la santé de la ministre Touraine prévoit de « mieux encadrer la disponibilité des médicaments » et établira une liste de « médicaments d'intérêt thérapeutique majeur » pour lesquels les laboratoires seraient soumis à des contraintes particulières.

L’ennui c’est que de nombreux médicaments actuellement en rupture de stocks n’entreront pas dans cette catégorie. CQFD.

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