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Publié par glazik-plomeur

L’extrême-gauche et le KKE reprochent à Tsipras ses concessions

Quelques milliers de personnes se sont rassemblées, vendredi soir place Syntagma, dans une ambiance plutôt tendue. Photo : Louisa Gouliamaki/AFP

Par Rosa Moussaoui pour l'Humanité

Athènes, envoyée spéciale. La manifestation des opposants à l’offre grecque de compromis a peu rassemblé, vendredi soir, sur la Place Syntagma.

Ce devait être une fête populaire du « non », c’est devenu un rassemblement militant pour dénoncer le « recul » de Tsipras. Ce vendredi 10 juillet au soir, alors que les députés débattaient à la Vouli du mandat de négociation du gouvernement grec à l’Eurogroupe et au Conseil européen du 12 juillet, échéances cruciales pour le pays, quelques milliers de personnes se sont rassemblées, place Syntagma, dans une ambiance plutôt tendue. L’essentiel des troupes était composé des syndicalistes du PAME et des étudiants du MAS, liés au Parti communiste grec (KKE*), qui avait appelé, le 5 juillet, à l’abstention, des trotskystes d’Antarsya et dans une moindre mesure de militants de Syriza situés à la gauche du parti. C’est dans les rangs du KKE, où l’on dénonce la « trahison », maintes fois annoncée, de Tsipras, que les propos sont les plus durs. « Comme prévu, Syriza capitule et tourne le dos aux travailleurs qui souffrent de l’austérité », s’indigne Panayotis Talabekos, restaurateur, membre du PAME. Du côté d’Antarsya, qui avait appuyé le choix du référendum et milité activement pour le « non », on se montre tout aussi critique. « Nous continuons à nous battre contre tout nouveau mémorandum, après ce vote massif contre l’austérité, contre les diktats de l’UE et du FMI, insiste Yanis Sifakakis, de la coordination du parti d’extrême-gauche. Syriza veut transformer notre ‘non’ en ‘oui’ et céder aux créanciers. Il faut aller de l’avant, plutôt que de battre en retraite ! ».

Les militants de Syriza présents dans la partie basse de la place, plutôt investis dans les fractions de gauche du parti, ne dissimulent pas leur malaise. Dimitris Pivovarou, étudiant en informatique, milite depuis 2008. « Pour moi, c’est un troisième mémorandum, tranche-t-il. Si nous l’acceptons, nous nous couperons des travailleurs, des chômeurs et des jeunes qui ont massivement opté pour le ‘non’ ». Un vieil homme l’interpelle, regrettant que les conclusions préliminaires du Comité d’audit pour la vérité sur la dette grecque, mis sur pied par le Parlement, n’aient pas été davantage exploitées pour dénoncer « une dette illégitime et odieuse ». Dans la foule, les manifestants n’appartenant à aucun parti sont peu nombreux. C’est le cas d’Angèle Kosmatou, une chômeuse de 50 ans, qui a voté pour Syriza aux élections législatives du 25 janvier. « Nous ne voulons plus de l’austérité, nous voulons que Tsipras tienne ses engagements. Ils sont naïfs de croire qu’ils peuvent convaincre Merkel, il aurait plutôt fallu prendre des mesures fortes, comme la nationalisation des banques, dit-elle. Maintenant, sortir de cette impasse sera difficile, mais il faut résister aux créanciers, dont la seule obsession est de faire tomber le gouvernement de gauche. Il vaut mieux sortir de nous-mêmes que de se faire expulser de la zone euro la tête baissée ». En fin de soirée, sur l’avenue Stadiou, où s’étirait la manifestation, quelques accrochages ont opposé la police anti-émeutes à des activistes d’extrême-gauche.

Au même moment, l’institut de sondage Metron Analysis publiait le premier sondage post-référendum. D’après cette étude, 71% des personnes interrogées soutiennent le principe d’un compromis, contre 21% qui refusent tout pas en arrière.

(*) on lira avec intérêt l'analyse du KKE, Parti Communiste Grec qui ne participe pas à la coalition SYRIZA http://fr.kke.gr/fr/articles/SYRIZA-la-force-de-reserve-de-gauche-du-capitalisme/ (note de R.D.)

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