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Publié par glazik-plomeur

GRECE : Syriza vit un climat de rébellion

Alors que s’ouvraient les débats à la Vouli, hier, 109 des 201 membres du comité central de Syriza ont appelé au rejet du plan d’austérité de Bruxelles.

Athènes (Grèce), envoyée spéciale de l'Humanité

Comment soutenir un accord qualifié jusqu’en Allemagne de « catalogue de cruautés » par le journal Der Spiegel ? Hier, peu avant l’ouverture de la séance plénière de la Vouli convoquée en urgence pour entériner les premières mesures d’austérité prévues par l’accord de Bruxelles, la fronde, à Syriza, a pris les allures d’une rébellion menaçant le parti d’implosion.

Dans un appel dénonçant un « coup d’État » dirigé, « pour l’exemple », contre « un peuple qui a choisi une autre voie que celle du néolibéralisme et de l’austérité extrême », 109 des 201 membres du comité central de Syriza ont appelé au rejet d’un plan « incompatible avec les principes de la gauche et les besoins des classes populaires ». La veille, Alexis Tsipras avait lui-même admis, dans un entretien à l’ERT censé convaincre de la nécessité de voter ces mesures, qu’il ne croyait pas à ces « réformes libérales » imposées sous la contrainte.

Lors des débats en commissions, Euclide Tsakalotos, le ministre des Finances, évoquant des « mesures de récession », a défendu sans conviction une introuvable contrepartie : la promesse d’un « examen, en 2015, d’un réaménagement de la dette à partir de 2022 ». Au sein du gouvernement, après l’entrée en dissidence du ministre de l’Énergie Panayotis Lafazanis, signataire de l’appel des 109, c’est la ministre déléguée aux Finances, Nadia Valavani, qui a donné sa démission à Tsipras, en formulant le vœu que « la lutte continue ». Démission, aussi, du secrétaire général du ministère de l’Économie, Manos Manousakis. Alors que le vote final était attendu tard dans la nuit, la présidente de la Vouli, Zoé Konstantopoulou, appelait de son côté à empêcher la validation de ce « chantage » par le Parlement grec.

R. M.

Le vote de la Vouli s'est traduit par 229 pour et 64 contre 6 abstentions, la majorité a été acquise avec les voix de la droite (Nouvelle Démocratie, 76 députés) et du Pasok,(Mouvement socialiste panhellénique, au pouvoir avant Syriza, 13 députés).

Les députés du Parti Communiste (KKE) et 38 députés de Syrisa ont voté contre

La démission de plusieurs ministres du gouvernement d'Alexis Tsipras, pourrait conduire celui-ci après la perte de majorité à la constitution d'un gouvernement de « technocrates » soutenu par le centre droit et la droite, ou à une élection anticipée ouvrant une crise politique encore plus grave pour le peuple grec

Pendant ce temps : L'ex-ministre des finances grec, qui a rejeté l'accord à la Vouli hier soir, décrypte sur son blog les implications concrètes de chaque point du texte imposé par l'Eurogroupe. A travers ses remarques, l'économiste révèle les desseins prédateurs des bailleurs de la troïka. Il montre comment l'accord ouvre un boulevard à ceux qui ont pour projet de faire de la Grèce un paradis social et fiscal pour les entreprises transnationales qui convoitent des pans entiers du patrimoine industriel et des secteurs vitaux dont la privatisation est exigée. http://www.humanite.fr/yanis-varoufakis-met-en-lumiere-les-appetits-des-liquidateurs-de-la-grece-579513

ou http://www.huffingtonpost.fr/2015/07/15/grece-varoufakis_n_7802250.html?utm_hp_ref=france

R.D.

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