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Publié par glazik-plomeur

Bœuf, Porc, lait : Éleveurs au bord du gouffre

Alors que samedi dernier des agriculteurs en colère exprimaient leur ras le bol à proximité du LECLERC de Pont L'Abbé, partout en France diverses manifestations avaient lieu, il ne s'agit pas d'une surprise mais bien des conséquences de la politique européenne en matière agricole et dont le gouvernement français a été partie prenante depuis des décennies, nous publions ci dessous le point de vue du journal l'Humanité de ce jour qui complétera les différentes analyses que nous avons déjà publiées, nous reviendrons dans un prochain article sur la politique des grandes surfaces et du rôle particulier que joue les centrales d'achat.

R.D.

Dérégulation, dumping social et écrasement des prix : près de 25 000 exploitants selon le ministre Stéphane Le Foll, voire deux fois plus selon les syndicats, sont menacés de déposer le bilan cette année.

Un article de MARIE-NOËLLE BERTRAND AVEC OLIVIER MORIN pour L'HUMANITÉ (http://www.humanite.fr/)

La crise est (re)déclarée dans l’élevage français. Alors que les producteurs souffrent, que François Hollande a lancé samedi « encore un appel à la grande distribution pour qu’elle offre aux consommateurs la qualité et aux agriculteurs un prix », les grands distributeurs se dédouanent. Hurlante localement, mais cachée, nationalement, derrière un flot d’actualités, l’alerte est pourtant lancée depuis des mois par les producteurs.

Entre 22 000 et 25 000 d’entre eux sont proches du dépôt de bilan, affirmait le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, au Parisien, vendredi. Le chiffre, selon le Modef (syndicats des exploitants familiaux), friserait plutôt les 50 000, avec, quoi qu’il en soit, ce fait inédit : ce n’est pas une filière d’élevage qui patine, mais trois. Bœuf, porc, lait : au total, et toujours selon le ministère, au moins 10 % des exploitants français seraient concernés. Dans les trois cas, les prix payés aux éleveurs sont en cause, qui ne leur permettent plus de se dégager un revenu, voire de couvrir les coûts de production.

Dans le lait, le grain s’annonçait de loin.

Depuis octobre dernier, la production mondiale s’affiche plus haute que la demande. Alors que les quotas européens ont pris fin le 1er avril, les volumes produits par les États membres ont continué de se débrider. En France, beaucoup de producteurs, encouragés par la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL, affiliée à la FNSEA), comptaient sur le marché à l’export pour écouler les surplus. Les pays émergents, et plus singulièrement la Chine, étaient l’eldorado visé. Las, dans la foulée, celle-ci a réduit ses imports. L’impact n’aura pas attendu longtemps : dès le mois de mai, le prix du lait chutait de 12 % par rapport à mai 2014, pour s’établir à un peu plus de 300 euros la tonne… soit 30 euros de moins qu’il n’en faut aux éleveurs pour se maintenir à flot.Dans le porc, le dumping social et environnemental est en cause, et celui pratiqué par l’Allemagne particulièrement visé. Premier exportateur européen de porcs, le pays use, dans ses abattoirs et à moindre coût salarial et social, de personnels « détachés » venus des pays de l’Est. Des ateliers qui ne sont pas non plus soumis aux mêmes règles environnementales qu’en France, où la viande allemande circule cependant sans être autrement taxée.

Le prix trop élevé de la viande rouge à l’étal

Côté bovin, enfin, c’est la baisse de la demande qui est pointée du doigt, mise sur le compte, entre autres, du prix trop élevé de la viande rouge à l’étal. « Avec ceci de remarquable, relève Jean Mouzat, président du Modef, depuis des années, il ne cesse d’augmenter pour le consommateur, quand celui payé aux éleveurs est resté stable. » Le fait est là : côté bœuf, les producteurs vendent leur viande à 3,15 euros le kilo en moyenne… soit à peine le prix moyen d’un steak de 150 grammes vendu en grande surface. Le décompte est aussi éloquent côté porc, dont le kilo est payé 1,38 euro à l’éleveur, pour se revendre entre 12 et 15 euros en rayon. À la clé, toujours la même question : qui empoche la différence ? La grande distribution reste la cible principale des éleveurs, laquelle ne respecte pas, disent-ils, les accords signés sous le patronage du ministère de l’Agriculture, induisant une revalorisation des prix payés. Celle-ci dément et contre-attaque, accusant, pour sa part, les entreprises de transformation (abattoirs, laiteries, etc.) de ne pas jouer le jeu.

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