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Publié par glazik-plomeur

Austérité, chômage : la trajectoire du fou

Il faudra bien à un moment donné reconnaître que les politiques gouvernementales « pour l’emploi » ne fonctionnent pas. La meilleure preuve en est que si tel avait été le cas depuis 2012... cela se saurait.

Les déclarations ministérielles lors de la publication des chiffres du chômage ont néanmoins le mérite de souligner l’impuissance de ce gouvernement dit « de gauche » à traiter le problème, à l’image finalement des gouvernements de droite. Les politiques menées ne sont pas les bonnes : les faits et les chiffres sont têtus. Alors, faute de courage politique pour l’avouer le gouvernement se livre maintenant à la manipulation et aux enfumages dans une minable opération pour faire dire aux chiffres ce qu’on veut.

Ainsi, le tripatouillage des données administratives a permis de faire passer 24 800 personnes des catégories A, B, C aux catégories D ou E (stage, formation, maladie, contrat aidé ou création d'entreprise), les supprimant des chiffres du chômage. Sans cet enfumage il n'y aurait pas eu 1 300 chômeurs de plus mais 11 300 pour la catégorie A ! Après le « ralentissement de la hausse » qui traduirait une « certaine stabilisation » les manipulateurs sont à l’œuvre : cassons le thermomètre, et il n’y a plus de fièvre.

Au final, la France compte au moins 5,70 millions demandeurs d'emploi : le chômage croît sans cesse, alimenté notamment par 150 000 jeunes qui « décrochent » sans diplôme. Le taux de chômage des jeunes s’élève à 25,2 % (10 % de plus que la moyenne européenne). Des générations sacrifiées.

Les Diafoirus se penchent doctement sur le malade en expliquant qu’il n’y a pas de miracle sans la croissance, mais en éludant ou niant l’évidence – ainsi que le rappelle la CGT – que « la croissance et la relance économique sont incompatibles avec les politiques d'austérité imposées» et que celles-ci « continuent à plomber le pouvoir d'achat, à empêcher une relance de l'emploi », et que « La revalorisation des salaires, dans le public et le privé, une vraie politique industrielle et le développement des services publics sont des éléments clés pour sortir de la crise ».

Au tragique de cette situation s’ajoute un scandale : le coût exorbitant et les effets induits du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) dont le gouvernement attendrait les effets sur l’emploi (tout comme les lois Macron et Rebsamen).

Doté de 20 milliards d’euros, le CICE est la plus importante niche fiscale jamais mise en place. Il s’agit d’un dispositif fiscal accordé sans aucune contrepartie en matière de création d’emploi, d’investissement dans la recherche, ou encore de salaires, et dont les objectifs se résument à faire baisser le « coût du travail » et à augmenter les taux de profit des entreprises.

C’est seulement 20% du CICE qui va à l’industrie : il ne profite en réalité qu’aux grandes entreprises, aux secteurs non exposés (la restauration, la distribution, et... le secteur bancaire !) Il s’ajoute aux exonérations de cotisations sur les bas salaires.

Le CICE s’avère être un dispositif coûteux ayant des effets néfastes sur les salaires et donc le pouvoir d’achat, la croissance et les emplois. Ces 20 milliards vont alourdir la dette de l’Etat et s’ajoutent aux 180 milliards déjà distribués par la puissance publique aux entreprises. Au final, l’Etat finance désormais plus de 4 millions d’emplois dans le privé !

Le gouvernement vient d’annoncer récemment une série de mesures pour les PME : renouvellement des CDD, plafonnement des indemnités aux prud'hommes, aide à la première embauche... à chaque fois que le patronat tend la main, le gouvernement lui donne satisfaction.

L’exigence aujourd’hui, c’est de suspendre et d’exiger le remboursement des aides publiques détournées des objectifs d’investissement productif, de recherche, d’innovation, de formation, de salaires et d’emploi. Les 200 milliards d’exonérations fiscales et sociales doivent être réorientés vers l’éducation, la politique scientifique, le développement des services publics et la résorption des inégalités sociales et territoriales.

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