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Publié par glazik-plomeur

Les Maires Ruraux dans la rue...

A travers différents articles nous avons évoqué la remise en cause de la démocratie locale, en particulier à travers la loi NOTRe (Nouvelle organisation des territoires de la République dont le débat se poursuit au Parlement-ndlr), l'exemple du SIOCA et les projets de regroupement de communes qui se multiplient dans notre région montrent si besoin était de la nécessité de poser les bases d'une prise en compte citoyenne de la démocratie locale, Hier à Paris à deux pas de l'assemblée nationale, une manifestation insolite...Les Maires de communes rurales..
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La réforme territoriale "épluche la commune qui devient une coquille vide"

Par GÉRALD ROSSI pour HUMANITE.FR

Plusieurs centaines de maires ruraux regroupés ce mercredi à Paris à deux pas de l’Assemblée Nationale ont rappelé leur opposition à la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République). Reportage.

Cocarde tricolore accrochée au revers de la veste ou sur le chemisier pour certains, écharpe bleu-blanc-rouge pour d’autres, hier matin, plusieurs centaines d’élus des petites communes se sont rassemblés à deux pas de l’Assemblée nationale. Sous le regard étonné de policiers en tenue de manif, peu habitués à ce type de rassemblements sur la place du Président Edouard Herriot. Répondant à l’appel de l’Association des maires ruraux de France, « nous sommes venus rappeler aux députés notre opposition à la loi NOTRe (Nouvelle organisation des territoires de la République dont le débat se poursuit au Parlement-ndlr), car nous sommes inquiets mais surtout en colère » explique par exemple Alain Castang, maire de Rouffignac-de-Sigoulès, village de 355 habitants en Dordogne. « Cette loi qui vise à des regroupements en dépossédant les élus locaux de leurs prérogatives est une remise en cause des fondements de notre république établie en 1789 » s’indigne-t-il.

Comme beaucoup de ses collègues, Alain Castang a accroché un crêpe noir sur le panneau d’entrée de sa localité. « Les gendarmes ont été surpris quand je leur ai dit que j’en étais l’auteur. Ce qui m’a valu des coups de téléphone de la sous-préfète, puis des renseignements généraux » s’amuse-t-il, « et chaque fois j’en ai profité pour dénoncer les aberrations de ce texte qui propose de détricoter ce que l’on a mis en place parfois depuis des dizaines d’années comme les syndicats intercommunaux de l’eau… ». Maire de Saint-Barthélémy de Bellegarde, Brigitte Cabirol est tout autant catégorique en affirmant « que s’i l’on ne nous entend pas, on est prêts a aller jusqu’à des démissions collectives ». Certains ont déjà observé des journées symboliques de fermeture de leurs mairies.

"Nous sommes des élus bénévoles et utiles"

Catherine Saumont, élue à Rousset (165 habitants dans les Hautes Alpes), dénonce aussi « le siphonage de nos compétences. Chacune de nos décisions est prise en direct avec les habitants, dans la proximité immédiate. Chaque habitant de ma commune peut me joindre à tout moment sur mon téléphone portable. Nous sommes des élus bénévoles et utiles » dit-elle. « Si demain nous n’avons plus de compétence en matière d’urbanisme et d’aménagement, cela aura des répercussions aussi sur l’emploi » ajoute Gérald Martinez, maire de Saint-Léger-les-Mélèzes, une station de ski alpine. « Car si nous ne pouvons plus investir directement, ce n’est pas une agglomération englobant plusieurs territoires qui pourra prendre en compte nos réalités locales, et cela les habitants l’ont bien compris ».

« Il y a un autre danger immédiatement identifié par nos concitoyens » ajoutent Lucien Escalier de Champoléon (niché dans le parc naturel des Ecrins) et Patrick Pernin de Rambaud (toujours dans les Hautes-Alpes), « c’est l’augmentation des impôts qui est à craindre, si les communes sont regroupées, d’une façon ou d’une autre, dans des agglomérations ou des communautés ». « Aujourd’hui notre fiscalité est en général très faible, non seulement nous ne faisons pas de dépenses inconsidérées, mais nous faisons plutôt des miracles avec des budgets ridicules » s’emporte Catherine Saumont.

"La commune devient une coquille vide"

« En fait, nous dénonçons un processus en marche depuis des dizaines d’années, en dépit des lois de décentralisation, celui d’une centralisation, au profit d’une strate au dessus des communes. Certes, personne ne dit qu’elles vont être supprimées, mais de fait, on épluche la commune qui devient une coquille vide » pointe Vanik Berberian, le président de l’Association des maires ruraux. Poursuivant sa démonstration très imagée, maire de Garghilese (Indre) depuis 26 ans, il ajoute : « c’est la technique du saucisson, on nous coupe tranche après tranche ».

Et Vanik Berberian ne veut pas non plus « que l’on nous confine dans une image d’Epinal de producteurs de chlorophylle, car la vraie question est celle de notre utilité au quotidien, du fort lien social que nous assurons dans nos villes et villages, alors que les baisses de dotation qui nous sont imposées rendent les choses encore plus compliquées ». Autre sujet qui fâche le maire de Garghilese et qu’il devait une nouvelle fois évoquer devant la ministre de la décentralisation Marylise Lebranchu qui a reçu une délégation de maires à la mi journée : « on nous explique souvent qu’il y a trop de communes, que réduire leur nombre serait le sens de l’histoire, que l’on n’y pourrait rien. Eh bien non, nous se sommes pas obligés d’écrire cette histoire là, nous résistons ».

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