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Publié par glazik-plomeur

Le PCF déclare le FMI « hors de la zone euro »

Par Sébastien Crépel pour http://www.humanite.fr/

Un rassemblement s'est tenu, vendredi, devant les locaux parisiens de l'institution qui cherche à faire capoter tout accord avec la Grèce respectant le mandat du gouvernement Tsipras.

Les militants communistes sont ulcérés par l'attitude du Fonds monétaire international (FMI) dans les négociations avec le gouvernement grec, et ils ont décidé de le faire savoir à la première intéressée, sa directrice générale. Vendredi midi, une centaine d'entre eux ont débarqué devant les locaux français de l'institution, situés avenue d'Iéna à Paris, pour dire ses vérités à Christine Lagarde.

Depuis l'arrivée du gouvernement Tsipras, le FMI joue les jusqu'au-boutistes avec Athènes, en refusant les propositions visant à faire payer les riches plutôt que les salariés et les retraités dans la recherche d'un accord avec les créanciers pour permettre le déblocage de la dernière tranche d'aide due à la Grèce. Les communistes n'ont pas pris de gants, à l'instar de l'ancienne ministre sarkozyste qui n'en prend pas davantage avec le gouvernement d'Alexis Tsipras : « FMI, dégage ! » ont scandé les manifestants munis de grandes pancartes, devant les portes du bâtiment restées closes.

Le rassemblement visait à réaffirmer la solidarité des communistes français avec le choix démocratique d'un pays qui « toute sa place » dans l'Union européenne. « Vous êtes copropriétaire de l'Europe ; ce n'est pas à la Grèce de sortir de la zone euro, c'est au FMI de sortir de notre Europe », a lancé Anne Sabourin, représentante du PCF au Parti de la gauche européenne (PGE), dont est membre le parti du premier ministre grec, Syriza.

Puis, à l'adresse de François Hollande : « Où est la France dans ces négociations et dans la bataille publique pour le respect d'un peuple et de ses revendications légitimes ? » a demandé la responsable communiste, pour qui les gouvernements de l'UE jouent « les irresponsables » par « crainte de l'effet contagion » de la volonté du peuple grec de tourner la page de l'austérité, en cas de succès du gouvernement Tsipras.

Pour Vangelis Goulas, représentant de Syriza Paris, présent à ses côtés, les autres gouvernements et la Commission européenne se rendent complices d'« un coup d'Etat silencieux, un coup d'Etat financier », en laissant le FMI « saccager l'économie d'un pays ». « Ils sont en train de créer les conditions pour renverser le gouvernement Tsipras, appuie Didier Le Reste, conseiller de Paris PCF-Front de gauche. Samaras (l'ancien premier ministre grec conservateur, battu aux élections du 25 janvier – NDLR) oeuvre en Grèce avec le soutien ostensible de l'Union européenne pour un gouvernement d'union nationale qui pourrait comprendre, peut-être, des représentants d'Aube dorée », le parti néonazi.

Un dessein politique, seul à même d'expliquer l'intransigeance du FMI, tant celle-ci est « contradictoire avec sa propre doctrine », expose à l'Humanité l'économiste communiste Denis Durand. « Ses dernières études montrent que les inégalités sont mauvaises pour la croissance et l'emploi, et donc pour faire baisser la dette. Le FMI sait que pour faire repartir l'économie grecque, il faut des investissements publics financés par l'emprunt que pourrait consentir la Banque centrale européenne, et qu'il ne faut pas exiger des taux d'excédents primaires (la partie du budget de l'Etat grec, hors remboursement de la dette, que le gouvernement devra dégager sans avoir le droit de la dépenser – NDLR) qui obligeraient à tailler dans les dépenses sociales », poursuit l'économiste.

Pourquoi, alors, la France n'interviendra pas plus fermement pour faire cesser cet acharnement, si même les arguments économiques font défaut, de l'aveu même du FMI ? Pour la sénatrice PCF et conseillère régionale d'Île-de-France, Laurence Cohen, cela s'explique par « le fait que François Hollande, à la différence d'Alexis Tsipras, a renié ses engagements de campagne. Que le premier ministre grec parvienne à les tenir le mettra en difficulté devant les Français », analyse l'élue.


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