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Publié par glazik-plomeur

« Le chômage, le gros "BUG" du quinquennat »

Mois après mois, les chiffres du chômage battent des records. Après un mois d'avril avec 3,536 millions de chômeurs de catégorie A (+26 200 en 1 mois) et un total 5,344 personnes inscrites tenues de faire des actes de recherche d'emploi (catégorie A, B, C), soit + 54 100 en 1 mois, le mois de mai enregistre 3 552 200 chômeurs de catégorie A (+16 200) et 5 414 200 pour les 3 catégories confondues. La rue de Grenelle évoque un nouveau "bug" pour expliquer la hausse vertigineuse pour les catégories B et C (+ 69 600).

Mois après mois, le gouvernement ne cesse en effet de bugger avec des mesures de réduction du coût du travail au nom de la compétitivité censées permettre aux entreprises d'embaucher. Loi de sécurisation, Pacte de responsabilité, lois Macron et Rebsamen, plan PME… autant de mesures gouvernementales qui à ce jour permettront d'ici à 2017 de réduire de l'ordre de 70 Mds d'euros les « charges fiscales et sociales » des entreprises, comme l'exige le Medef, et de renforcer le pouvoir des patrons de licencier, de réduire les salaires, de flexibiliser au gré de la conjoncture et des exigences des actionnaires...

En réalité, ces baisses de coûts du travail, comme les diminutions des dépenses publiques et sociales qui servent à les financer, freinent la demande et brident l'efficacité de l'offre. Elles servent l'augmentation des profits des grands groupes et les marchés financiers, mais en aucun cas la création d'emplois.

Selon l'INSEE, entre le 1er trimestre 2014 et le 1er trimestre 2015, le secteur marchand aura encore perdu 18 400 postes. Avec des pertes massives d'emplois dans l'industrie et la construction : -36 400 postes pour la première et -48 300 postes pour la seconde. Et si le tertiaire tire son épingle du jeu (+66 300 postes), c'est au prix de la création d'emplois précaires. Au 1er trimestre 2015, 87,1 % des déclarations d'embauche sont des CDD, parmi lesquels 70 % sont des CDD de moins de 1 mois. En un an, les déclarations d'embauche en CDD de moins d'un mois croissent de 3,6 %, celles en CDD de plus d'un mois stagnent (-0,2%), alors que les déclarations d'embauche en CDI reculent de 1,6 %.

Certains voudraient croire au retour de l'embellie pour 2016 portée par la croissance. Rien n'est moins sûr, car l'action gouvernementale ne répond pas aux difficultés des entreprises, elle les amplifie.

Les entreprises françaises, et notamment les PME, ont besoin d'accroître leurs débouchés et la qualification de leurs salariés ; mais le gouvernement contribue à la précarisation des emplois et aux politiques de bas salaires des entreprises, ce qui affaiblit la demande des ménages, en même temps que ses politiques d'austérité dépriment la demande publique.

Les entreprises françaises ont besoin de conditions de financement de leurs investissements qui réduisent les coûts du capital qu'elles supportent ; mais le gouvernement refuse de mobiliser les banques pour le financement de ces investissements et de s'appuyer sur le réseau d'institutions financières publiques pour amorcer la réponse, il préfère ouvrir grand la porte au crédit inter-entreprises, aux financements non bancaires, à l'épargne salariale, …

Au final, moins de débouchés et moins d'investissement matériels et de recherches développant l'emploi, c'est une perte d'efficacité du capital des entreprises françaises qui alimentera le chômage.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF


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