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Publié par glazik-plomeur

La loi Macron est émettrice de gaz à effet de serre

Manifestation contre la loi Macron, le 26 janvier dernier à Paris.

Photo : Martin Bureau / AFP


Tandis que François Hollande se rend dimanche et lundi en Bavière pour plaider au G7 en faveur de mesures fortes à prendre au sommet de Paris, en décembre, pour freiner le réchauffement climatique, le gouvernement Valls attend le moment propice pour faire voter la Loi Macron qui aura pour conséquence de favoriser les augmentations de gaz à effet de serre en France.

Bien que d’accord sur l’essentiel, les parlementaires des groupes socialistes et de droite à l’Assemblée et au Sénat ont préféré ne pas conclure d’accord en milieu de semaine au sein de la Commission mixte paritaire (CMP) des deux chambres. Les dirigeants socialistes ne souhaitaient pas afficher une telle connivence avant leur congrès de Poitiers ce week-end.

La loi Macron va ruiner les paysans à petit feu

Il faut dire que la Loi Macron reprend surtout les idées du « Rapport Attali » que l’ancien conseiller de François Mitterrand avait remis à Nicolas Sarkozy pour soit disant « libérer la croissance » peu après l’arrivée de ce dernier à l’Elysée. Il en était sorti la Loi de modernisation économique (LME) votée par les parlementaires de droite en 2008. Son l’application depuis 2009 favorise les pollutions sur route via l’augmentation du nombre de livraisons chaque semaine pour réduire les stocks des grandes surfaces. Elle a pour autre résultat de ruiner les paysans à petit feu via la pression sur les prix qui leurs sont payés sous la pression permanente des produits importés- utilisés pour déstabiliser les marchés- comme cela s’observe depuis des mois pour la viande bovine, la viande porcine tandis que vient s’ajouter la baisse du prix du lait payé aux livreurs par les entreprises privées et les coopératives ces dernières semaines.

Mais Sarkozy avait refusé de prendre en compte certaines mesures de dérégulation proposées par la commission Attali, dont le rapporteur final n’était autre qu’Emmanuel Macron, devenu depuis ministre de l’Économie du gouvernement Valls et défenseur acharné de cette loi qui porte son nom. Avant même que la loi Macron ne soit définitivement votée, on apprend que les mesures qu’elle contient pour promouvoir les longs transports polluants par autocar en lieu de place des TGV comme des trains intercité met déjà sur les rangs 25 entreprises tandis que 25 autres attendent de compter les premiers morts qui provoquera cette forme de concurrence où le prix réduit sert à conquérir des marchés au détriment du train, beaucoup moins émetteur de gaz à effet de serre par personne transportée.

Avec les cars Macron, moins de voyageurs en train, plus d'abandons de lignes !

Il est question de vendre aux voyageurs des Paris-Lyon, Paris-Toulouse, Paris-Lille-Calais, Rennes-Lyon, Strasbourg-Lyon ou encore Nice-Bordeaux par la route alors que toutes ces villes sont bien desservies par le rail. Parce qu’elle assure une mission de service public qui conduit à gérer des lignes rentables et d’autres qui le sont moins a pratiquant une péréquation des tarifs, la SNCF ne peut pas se permettre de pratiquer les prix bas que vont proposer quelques firmes de transports de voyageurs par la route dans le but de piquer des clients au chemin de fer. Comme ces prix attractifs des cars vont réduire le nombre de voyageurs en train, beaucoup de ces derniers seront de moins en moins rentables, ce qui se traduira ensuite par des abandons de lignes, comme cela s’est déjà fait au profit de la route pour le transport des marchandises, à commencer par le blé qu’il faut désormais convoyer en camion des silos installés en zones céréalières jusqu’aux ports d’embarquement faute d’un entretien suffisant de milliers kilomètres de lignes sur le réseau secondaire ces dernières années.

Alors que vaudront au château d’Elmau en Bavière les appels de François Hollande en faveur de mesures fortes pour freiner le réchauffement climatique quand, avec son plein accord, le gouvernement de la France fait exactement le contraire ?

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