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Publié par glazik-plomeur

Grèce : le double discours de la France

Lundi dernier, François Hollande disait soutenir la Grèce, promettait de peser tout son poids pour obtenir un accord. Samedi, la France n’a rien fait contre l’éjection de Yanis Varoufakis de l’Eurogroupe et empêcher le chantage des créanciers.

Samedi, les ministres des finances de la zone euro ont prié leur homologue grec de quitter la réunion de l’Eurogroupe. Ils étaient scandalisés d’apprendre que le gouvernement de Tsipras s’en remette au référendum pour demander aux citoyens leur avis sur un ensemble de réformes antisociales. Des mesures d’austérité contre lesquelles les Grecs avaient justement voté en mettant aux responsabilités Syriza.
Ainsi les ministres des finances demandé au principal intéressé de quitter la réunion pendant qu’ils décidaient du sort de son pays. Ils en ont tiré cette déclaration : "Malheureusement, en dépit des efforts entrepris à tous les niveaux et du soutien entier de l'Eurogroupe, cette proposition a été rejetée par les autorités grecques, qui ont rompu les négociations de manière unilatérale dans la soirée du 26 juin". "L'accord d'assistance financière en cours avec la Grèce expirera le 30 juin 2015." Tous ont signé cette déclaration, y compris Michel Sapin, qui mène droit la Grèce vers le défaut de paiement.

Un double langage

Lundi, François Hollande disait «partager l'opinion » qu'un « accord qui respecte le gouvernement grec actuel » est « souhaitable et possible » et qu'il est « à portée de main ». Que les demandes de Tsipras étaient « acceptables », et que son équipe allait tout faire pour parvenir à un accord. Où était la voix de la France en ce sens ce weekend ?
Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche dénonçait ce dimanche matin sur iTélé ce flou : "On ne sait pas ce que propose la France de différent que cette droite allemande, que cette Europe libérale. En réalité, elle ne propose rien d'autre. On étrangle le peuple grec pour des raisons politiques, et non économiques. Ils veulent faire échouer cette expérience politique".
"Alexis Tsipras tranche avec la soumission dont a fait preuve le gouvernement français et François Hollande. Où était, cette semaine, le soutien à Tsipras que nous avait promis François Hollande?" renchérit le parti de gauche dans un communiqué.

DSK s’en mêle. L’ancien patron du FMI reconnaît les erreurs de l’institution. Il propose que "la Grèce ne reçoive plus aucun financement nouveau de la part de l'Union européenne comme du FMI mais qu'elle bénéficie d'une très large extension de la maturité et même d'une réduction nominale massive de sa dette à l'égard des institutions publiques". Dans ce texte, il critique à plusieurs reprises le caractère "inepte" ou "désastreux" des "ajustements budgétaires sévères" qui ont été la règle dans la zone euro dans la foulée de la crise. "Forcer le gouvernement grec à céder créerait un précédent tragique pour la démocratie européenne et pourrait mettre en marche une réaction en chaîne incontrôlable".

Le communiqué : Avec les Grecs, dimanche 28 juin à 17h, Place de la République.

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