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Publié par glazik-plomeur

G7 et « l'isolement de la Russie »

Alors que se réunissent les représentants de sept grandes puissances économiques mondiales (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Royaume-Uni et Japon) en excluant la Russie du groupe sur fond de montée des tensions autour de la crise en Ukraine et en réaction à l'adhésion de la Crimée à la Russie, en 2014
Des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis jeudi à Munich, la capitale de la Bavière, en Allemagne, afin de protester contre le sommet du G7 qui doit se tenir les 7 et 8 jui
n.

Selon la police de Munich, environ 34 000 personnes ont participé à la manifestation pacifique,

Des hommes politiques, des défenseurs de l'environnement et des organisations non gouvernementales ont défilé derrière des banderoles sur lesquelles étaient inscrits les slogans suivants : "Non au PTCI, Sauvez le climat, Luttez contre la pauvreté". PTCI est l'abréviation du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement que les négociateurs européens et américains sont en train d'élaborer.

Souvent considérés, comme les gouvernants du monde, les responsables politiques des pays concernés semblent aujourd'hui dans une situation plus que difficile, avec partout un taux de chômage élevé et des protestations citoyennes en augmentation souvent accompagnée d'une contestation organisée remettant en cause les fondements même de cette politique austéritaire sur fond de ralentissement de la croissance économique mondiale

Les récentes déclarations de la chancelière allemande considérant que le G7 regroupe les pays démocratiques, à la différence du G20, qui réunit les États en fonction de leur puissance économique... Le G7 permet à ses membres de procéder à des échanges "plus libres et plus intenses" grâce notamment aux traditions démocratiques communes, explique-t-elle sans rire...

Le but recherché d'isolement de la Russie semble pourtant bien loin de la réalité, tant économiquement, que politiquement.

Les partenariats économiques ou stratégiques conclus entre la Russie et un grand nombre de pays relèvent aujourd'hui d'un effort constant diplomatique qui conduit à une participation active au sein des BRICS, ou de OCS, ou encore l'intégration économique en Eurasie, ce qui fournirait à Moscou de nouveaux arguments au profit d'un triangle Russie-Chine-Inde.(Futur G3)

C'est aussi un retour en force au Moyen Orient en particulier : L'Irak donne priorité aux projets réalisés conjointement avec le groupe russe Lukoil et considère ce dernier comme un partenaire de premier plan, a déclaré le ministre irakien du Pétrole, Adel Abdel Mehdi. Ceci intervenant à la suite d'accords conclus en Iran, ou la possible installation de missile S-300...En vertu d'un accord signé en 2007, la Russie pourrait vendre à l'Iran des missiles S-300 version PMU-1 dotés d'une portée de 150 km et capables d'abattre un avion volant à une altitude de 28 000 mètres .

Si l'Iran déploie des S-300 sur sa côte sud, cela lui permettrait d'être au courant de tout décollage d'un avion américain depuis les bases aériennes situées dans la région du Golfe Persique, indique un journaliste de Business Insider

Mais la Russie développe aussi des partenariats militaires, c'est ainsi que Les premiers exercices navals russo-égyptiens baptisés Pont de l'Amitié-2015 se dérouleront dans la Méditerranée du 6 au 14 juin 2015, rapporte samedi le service de presse du ministère russe de la Défense...Venant après les récentes manœuvres sinorusses ont ne peut que constater une montée en puissance des budgets militaires face aux menaces des « Européens et USA ».

Un G7 avec au menu l'Ukraine et la Grèce

C'est dans ce contexte que s'ouvre le G7, avec leurs difficultés économiques les puissances « occidentales » face à la montée des « émergents »ne pourront se régler à coup de menton et encore moins à coup de canon : Le raidissement des positions occidentales a été sensible (formation début 2015 d’une force « intérimaire » avant la mise en place d’une force de projection rapide (fer de lance forte 4000 hommes), marquant la volonté de l’OTAN de continuer sa marche forcée vers la Russie et l’espace de l’ex-URSS en particulier à travers un soutien quasi inconditionnel à l'Ukraine de Porochenko...

Dans la nouvelle version de la doctrine militaire de la Russie que le Kremlin a publiée le 26 décembre, l’OTAN et son élargissement (« renforcement des capacités offensives de l’OTAN, directement aux frontières russes, et des mesures prises pour déployer un système global de défense antimissile » en Europe orientale) sont désignés comme une menace fondamentale pour l’avenir du pays. Cet ajustement de la doctrine russe répond ainsi à la décision de l’Ukraine d’abandonner son statut de pays non aligné ; décision qui bien que symbolique pourrait ouvrir à terme la voie de l’adhésion du pays à l’OTAN. D’autre part, si le caractère défensif de la doctrine militaire russe est conservé, la nouvelle doctrine introduit néanmoins, à côté de la dissuasion nucléaire, le concept de « dissuasion non nucléaire » qui passe par le maintien d’un haut niveau de préparation des forces militaires conventionnelles et par un engagement à l’égard des organisations régionales de sécurité telles que la communauté des États indépendants ou l’Organisation de coopération de Shanghaï (cf Le Monde avec l’AFP 26-12 2014).

Dans ce contexte il apparaît clairement que la Russie n'est pas isolée, mais que l'Europe traverse la crise la plus grave depuis la fin de la Seconde guerre mondiale .

Il y a plus que jamais urgence à la convocation d’un « sommet » -40 ans après les accords d’Helsinki de 1975- sur la coopération et la sécurité en Europe, pour faciliter la création d’un espace dénucléarisé impliquant la neutralité militaire de l’Ukraine et le désengagement de l’OTAN. Pour une Europe de paix.


R.D. (avec les agences AFP, Xinhua ,fr.sputniknews.com,)

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