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Publié par glazik-plomeur

Sommet UE-Ukraine : une dérive belliciste, ultralibérale et autoritaire de l'Ukraine poussée par l'UE (PCF)

Si la rencontre à Paris le 22 avril entre François Hollande et Petro Porochenko avait soulevé de sérieuses interrogations sur les objectifs véritables d’une visite demandée par le président ukrainien, le premier sommet UE-Ukraine depuis la ratification en septembre au Parlement ukrainien d'un accord d'association et de libre-échange qui s'est tenu les 27 et 28 avril à Kiev a apporté les réponses précises en la matière.

Le président ukrainien n’a certes pas obtenu satisfaction sur l’envoi d’une opération internationale (UE, ONU) de maintien de la paix dans l’Est du pays, pour autant, les négociations à l’ombre du sommet officiel sur la livraison d’armes létales de l’UE à Kiev vont bon train et les autorités ukrainiennes ont confirmé que ces livraisons avaient déjà cours.

S’engager ainsi dans un tel processus va conduire à une militarisation accrue de la crise, à l’exact opposé de l’esprit des accords signés dans la capitale biélorusse sous l'impulsion diplomatique de la France et de l’Allemagne ; et ce, alors même que le cessez-le-feu est loin d’être durablement stabilisé et garanti du fait du pouvoir ukrainien lui-même.

Le signal de cette dérive belliciste, celle d’une « otanisation » du conflit, a été donné par Washington qui a dépêché le 20 avril près de 300 parachutistes pour entraîner la Garde nationale laquelle s’est illustrée par ses exactions dans l’Est du pays.

Le sommet de Kiev n'a donc laissé entrevoir aucune réelle perspective d’avancée dans l'application pleine et entière des accords de Minsk II qui ouvrirait la voie à une issue pacifique du conflit dans le Donbass où l’on compte, depuis un an, plus de 6 100 morts.

Mais il a aussi confirmé la volonté de Bruxelles et du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, d'activer l'entrée en vigueur de l'accord d’association Ukraine-UE au 1er janvier 2016.

L’UE a promis à Kiev un nouveau prêt de 1,8 milliards d’euros qui s'ajoutent aux 6 milliards déjà versés. Les populations ukrainiennes dans un contexte de grave crise humanitaire dans l’Est du pays sont, elles, la variable d’ajustement de réformes économiques ultralibérales dévastatrices avec une hausse de 300 % des tarifs du gaz et une inflation à 25 % tandis que la devise ukrainienne est passée de 9 à 24 pour 1 euro.

Ces dérives bellicistes et économiques constituent un risque majeur de mise en péril des accords de Minsk, et de nouvelles tensions avec Moscou.

D’autant que, dans le même temps, le gouvernement ukrainien continue à vouloir diviser encore plus profondément le pays, en mettant en cause l’activité et les droits des forces d’opposition démocratique et en stimulant l'action des forces d’extrême droite.

Ainsi, à quelques jours de la commémoration du 70e anniversaire de la victoire sur le nazisme, le 9 mai, le Parlement ukrainien a voté une loi inique qui place sur le même plan communisme et nazisme, avec pour objectif au nom de la « désoviétisation » du pays, d'interdire l’action des communistes tout en donnant des gages aux héritiers néo-fascistes des forces ultra-nationalistes de l’OUN et de l’UPA qui ont été, lors de la Seconde Guerre mondiale, les soutiens des troupes hitlériennes en Ukraine contre les juifs et les résistants.

Pour le PCF, la France s’honorerait à ne pas cautionner par son silence ou ses actes, un régime ukrainien enlisé dans une politique lourde de dangers pour son peuple, pour la démocratie et pour la paix en Ukraine comme en Europe. De même, la France gagnerait à ne pas s'inscrire dans une stratégie qui vise à isoler la Russie sur fond de sanctions économiques et de surenchères militaires auxquelles des pays comme la Pologne et les Etats-Unis poussent en permanence.
La France doit s’employer à favoriser la recherche du dialogue politique et diplomatique avec toutes les parties prenantes de la crise ukrainienne et, en ce sens, œuvrer au sein de l’UE, à une politique de voisinage, de partenariats économiques, politiques etde sécurité commune, dégagée de toute pression de l’OTAN et d’une conception ultralibérale des échanges.

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