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Publié par glazik-plomeur

Mai 1945 – Mai 2015 : 70 ans et une réécriture de l'Histoire ...

Voici 70 ans le 2 mai 1945, l'Armée rouge plantait le drapeau soviétique sur le Reichstag à Berlin, Hitler s'était suicidé deux jours plus tôt...Pourtant aujourd'hui beaucoup d'Européens ont « volontairement » oublié le rôle essentiel des peuples de l'ancienne URSS, nous reprenons ici deux paroles celle de l'Humanité de ce jour, et celle de l'Historien Russe Valentin Faline, concernant l'attitude des occidentaux qui conduisit à la « guerre froide », il est à noter que Valentin Faline s'exprime au cours d'une interview réalisée en 2005, mais qui reste aujourd'hui d'actualité en particulier concernant les plans d'agression conçus en vue de la destruction de l'URSS...

Commémorer la victoire des peuples sur les troupes Nazi, reste un devoir de mémoire mais aussi un rappel à l'ordre , car l'extrême droite, partout en Europe parade et même tue comme en Ukraine, ou les partis néonazi ont droit de cité, ont été réhabilités, et même armés par l'actuel président Porochenko avec l'appui de l'Union Européenne.

Le parti communiste qui paya un lourd tribut à la libération de notre pays y compris dans le Pays Bigouden s'associera à toute manifestation, qui rappelle cette période.

R.D.

L'éditorial de Maud Vergnol dans l'Humanité de ce jour : "Comme le souligne le Mrap, dont l’Humanité publie aujourd’hui l’appel, « on ne ­demandait pas aux combattants étrangers de la Résistance s’ils mangeaient de la viande hallal ou s’ils avaient des papiers ! »…"

Soixante-dix ans nous séparent désormais de la ­victoire des peuples contre le nazisme. La fin du cortège de crimes qui suivirent la croix gammée, de l’extermination méthodique de tout un peuple, du sang versé des partisans. Sur les ruines de ce vaste charnier mondial de dizaines de millions de morts, le souffle puissant des jours heureux est parvenu à relever l’humanité en construisant de nouveaux biens communs.

Alors cet anniversaire méritait mieux qu’un garde- à-vous expédié devant la garde républicaine. C’est pourtant le choix de l’Élysée, qui n’a pas non plus jugé utile de se joindre aux festivités du peuple russe, dont on continue à minimiser l’apport primordial à la victoire sur le nazisme. Car, n’en déplaise aux révisionnistes et aux promoteurs d’une nouvelle guerre froide, c’est bien l’URSS qui porta le poids essentiel de la guerre contre l’Allemagne nazie. La connaissance de cette période fondatrice n’est pas un passage commémoratif obligé, mais bien l’une des conditions pour s’extirper des nouvelles idéologies guerrières et meurtrières qui se ravivent sur les cendres des injustices sociales.

Car l’Europe a-t-elle vraiment « conjuré l’un des plus grands dangers qui aient jamais menacé l’humanité », comme l’affirmait l’année dernière François Hollande ? On peut raisonnablement en douter quand un élu de la République assume fièrement détourner la loi en fichant les enfants de sa ville. Quand des néonazis défilent toujours plus nombreux dans les rues d’Europe. Quand à Paris des fanatiques assassinent au nom d’Allah. Quand le vol noir des corbeaux plane désormais sur la Méditerranée, devenu le vaste cimetière d’étrangers, et nos frères pourtant, dont le seul crime est de vouloir survivre. Comme le souligne le Mrap, dont l’Humanité publie aujourd’hui l’appel, « on ne ­demandait pas aux combattants étrangers de la Résistance s’ils mangeaient de la viande hallal ou s’ils avaient des papiers !»…

Interview historien Russe Valentin Faline à Viktor Litovkine de l'agence RIA-Novosti 2005 -Extraits (**)

Et dans les actes Se considérant comme libéré de ses engagements envers l'Union soviétique, Churchill essaya, à la veille de la conférence de Yalta, de persuader le président Roosevelt d'entrer en confrontation avec Moscou. Faute d'avoir réussi dans cette entreprise, le Premier ministre lança des actions séparées.

C'est alors que Churchill donna les ordres en vue d'entreposer les armes prises aux Allemands pour les employer éventuellement contre l'URSS et d'interner le personnel militaire allemand, en plaçant les soldats et les officiers de la Wehrmacht qui s'étaient rendus par divisions entières dans le land de Schleswig-Holstein et dans le sud du Danemark. Le dessein perfide du leader britannique est devenu clair par la suite (Voir opération Unthinkable *)

Rappelons que, depuis mars 1945, le Deuxième Front (occidental) n'existait plus ni formellement, ni réellement. Les unités allemandes ou bien se rendaient, ou bien reculait vers l'Est, sans opposer de véritable résistance à nos alliés. La tactique des Allemands consistant à conserver, autant que possible, leurs positions le long de toute la ligne de confrontation soviéto-allemande jusqu'à ce que l'Occident virtuel et le Front de l'Est réel se rejoignent, après quoi les troupes américaines et britanniques prendraient la relève des unités de la Wehrmacht en repoussant la «menace soviétique» suspendue au-dessus de l'Europe.

Il convient de signaler que les alliés occidentaux auraient pu avancer plus rapidement vers l'Est si les états-majors de Montgomery, d'Eisenhower et d'Alexander (théâtre italien d'hostilités) avaient mieux planifié leurs actions, coordonné plus judicieusement leurs forces et leurs moyens et dépensé moins de temps en discordes internes dans la recherche d'un dénominateur commun. Du vivant de Roosevelt, Washington ne se pressait pas, pour des motifs différents, de mettre une croix sur la coopération avec Moscou. Or, pour Churchill, «le Maure soviétique avait fait son affaire, il fallait l'éloigner».

Comment devaient réagir les dirigeants soviétiques en apprenant la duplicité de Churchill? Croire à l'approche de la «victoire commune», aux «ententes», conformément auxquelles chacune des trois puissances contrôlerait sa zone de responsabilité? S'en remettre aux décisions prises sur le traitement de l'Allemagne et de ses satellites? Ou bien serait-il plus utile de réfléchir aux données dignes de foi sur la trahison projetée dans laquelle Churchill entraînait Truman, ses conseillers Leahy et Marshall, le chef du service de renseignements américain Donovan et consorts?

Dans une autre partie de l'interview on peut trouver les raisons fondamentales de l'instauration de cette guerre vis à vis de l'URSS en particulier à travers le discours que Churchill prononça à Fulton en 1946, ou est clairement explicité la philosophie de la guerre froide...discours qui depuis passe pour être le manifeste de la guerre froide déclarée par l'Occident à l'Union soviétique et qui a mis fin à la Grande alliance des puissances victorieuses de l'Allemagne nazie et du Japon militariste.
Que fallait-il déceler de réel derrière ses propos?

- Depuis des temps immémoriaux les gens sont accoutumés à vivre dans un monde de mythes. Beaucoup d'entre eux les prennent pour argent comptant alors que bien souvent les légendes éloignent de la vérité. Les fables autour de ce qui avait été dit à Fulton et, plus généralement, concernant la personne de Churchill, en sont un exemple éloquent.

Ce qui avait éclaté au grand jour à Fulton, c'est la rage qui s'était accumulée au fil des années dans les allées du pouvoir à Londres et à Washington. Naturellement, ici une question vient immédiatement à l'esprit: pourquoi a-t-on choisi précisément Winston Leonard Spencer Churchill pour révéler des desseins tenus secrets jusqu'ici? En effet, à peine un peu plus de sept mois auparavant les électeurs britanniques avaient blackboulé la politique des conservateurs et contraint Churchill à démissionner. Pour quelle raison les Américains l'avaient-ils choisi pour cette mission? La réponse est somme toute banale: il était malaisé de trouver dans la société anglo-saxonne un russophobe plus farouche que lui.

Pendant la Première Guerre mondiale déjà Churchill était obnubilé par le souci de diriger le gros des forces de l'Allemagne du Keiser contre l'armée tsariste pour la défaire et d'affranchir l'Albion de ses engagements pris dans le cadre de l'Entente. C'est Churchill qui en 1918 avait appelé à démembrer notre pays en "sphères d'action", ce qui devait déboucher sur la dislocation de l'Etat pluriethnique russe, et qui par la suite ceignit la Russie soviétique d'un "anneau de pays abhorrant les bolcheviks". Dans le langage de Churchill et de ses partisans cela s'appelait "prolongement de la Guerre de Crimée de 1853-1856". La rhétorique anticommuniste qui s'était déchaînée après la révolution d'octobre avait la même teneur. Londres, tout comme Washington d'ailleurs, avait été gagné par la russophobie bien longtemps avant le renversement de la Russie autocratique. Tout au long du XXe siècle, l'aspiration à nous bouter hors du concert des puissances mondiales avait teinté les croisades lancées par les démocraties attitrées sous prétexte de régler des problèmes régionaux ou globaux tant soit peu importants.

Mais qu'est-ce que Churchill avait donc dit à Fulton? Il faut tenir compte des leçons de l'histoire, avait enseigné l'ancien premier ministre. Les tentatives pour apaiser le nazisme ont débouché sur l'escalade des velléités agressives de Hitler et la guerre. Les "démocraties" ne doivent pas réitérer les erreurs funestes, elles doivent resserrer leurs rangs dans la lutte contre le nouveau danger totalitaire incarné par l'Union soviétique qui a isolé la moitié de l'Europe au moyen d'un rideau de fer pour instaurer son ordre sur les territoires contrôlés par elle. Voilà, grosso modo, ce qui avait été dit. Si quelqu'un n'a pas le texte du discours de Churchill sous les yeux, il peut se satisfaire de ses périphrases dans une résolution publiée récemment par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). Les profanateurs actuels du passé n'ont rien inventé d'original. Il leur était plus commode d'emprunter le chemin battu. Il ne fallait pas que quelqu'un ait la malencontreuse idée de vouloir consulter les archives permettant de jeter une lumière crue sur les contacts de Londres, de Washington, de Paris, de Varsovie et de Stockholm la veille de l'accession au pouvoir de Mussolini et de Hitler et au cours de la période qui s'est ensuivie, notamment durant les années 1941-1945 fatidiques pour les destinées du monde. Non, ce n'est pas sans motif que les documents les plus complets sur le plan informatif dorment dans les archives de l'Occident, à l'abri des regards indiscrets.

(*)Le but premier de l'opération est décrit comme devant « imposer à la Russie la volonté des États-Unis d'Amérique et de l'Empire britannique » bien que dans les documents cette volonté ne soit pas clairement définie.

(**)http://www.northstarcompass.org/french/nscfr35/2wwii.htm

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